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Dimanche 21 janvier 2007 7 21 /01 /Jan /2007 22:33

Il fallait le faire, alors je me lance. En élève appliquée pour clôturer proprement le projet et surtout parce que je ne supporte plus ce goût d’inachevé quand je me reconnecte au blog...Un article pour faire un petit bilan de nos presque dix mois de voyage. Un dernier article. Un dernier effort. Effort de se replonger dans les ultimes instants, il y a de cela presque deux mois déjà. Dans nos esprits, il nous paraît avoir eu lieu dans une autre unité de temps. Impression d’un rêve éveillé duquel on nous a tiré brusquement mais sans violence.

Nous quittons maintenant le Mexique en direction de l’Europe. Nous nous dirigeons vers l’aéroport de Mexico en passant, une dernière fois, devant l’ambassade des Etats-Unis proche du logement de Celia, devant laquelle s’étend une queue de plusieurs kilomètres de mexicains désireux d’émigrer au pays du rêve américain. Nous nous frayons un chemin, croulant sous le poids de nos sacs à dos de plus de vingt kilos qui rendent notre démarche laborieuse. Les yeux qui s’attardent sur nous sont emplis d’envie. Nous traversons une foule de travailleurs désenchantés contraints à la sédentarisation, tandis que nos bagages et nos faciès d’occidentaux personnifient la liberté de mouvement et la société de loisirs. Notre voyage prend fin. Durant ces quasi trois cents jours, nous nous sommes pratiquement habitués à l’extraordinaire mais la détresse humaine nous désarme toujours aussi profondément. Je baisse la tête pour ne pas croiser ces paires d’envies que je sens fixés sur nous, pour ne pas les humilier encore plus de mes larmes que je parviens difficilement à retenir.

Dans l’avion du retour, comme un clin d’oeil de la vie, est diffuse le film de Pedro Almodovar « Volver » - revenir en français. Nous essayons de ne pas penser à l’après du retour, nous focalisant surtout sur les proches qu’il nous hâte de retrouver, mais je ne peux retenir mes larmes, encore ces maudites eaux, quand Penelope Cruz entonne la chanson de Carlos Gardel :

Tengo miedo del encuentro                         J'ai peur de la rencontre
con el pasado que vuelve avec le passé qui revient
a enfrentarse con mi vida... faire front avec ma vie...
Tengo miedo de las noches J'ai peur des nuits

que pobladas de recuerdos qui peuplées de souvenirs

encadenan mi soñar... enchaînent mes reves..
Pero el viajero que huye Mais le voyageur qui fuit
tarde o temprano detiene su andar... tôt ou tard arrête sa marche...
Y aunque el olvido, que todo destruye, Et bien que l'oubli, qui détruit tout,
haya matado mi vieja ilusión, ait tué ma vieille illusion,

guardo escondida una esperanza humilde je garde cachée une espérance humble
que es toda la fortuna de mi corazón. qui est toute la fortune de mon coeur.
Volver... con la frente marchita, Revenir ... le front fane,












las nieves del tiempo
les tempes argentees par

blanquearon mi sien... les neiges du temps...
Sentir... que es un soplo la vida, Sentir ... que la vie n’est qu’un souffle,
que veinte años no es nada, que vingt ans ce n’est rien,
que febril la mirada, que le regard fiévreux,
errante en las sombras, errant dans les ombres,
te busca y te nombra. te cherche et te nomme.
Vivir... con el alma aferrada Vivre ... l'âme accrochée
a un dulce recuerdo à un doux souvenir
que lloro otra vez... que je pleure de nouveau...

Nous revenons nous aussi. Non pas d'un exil, mais d'une parenthèse enchantée. Nous sommes partis en ne fuyant rien, seulement à la découverte de multiples ailleurs, à la rencontre de nouveaux visages. Nous revenons l'âme accrochée à un doux souvenir que nous ne pleurons pas mais gardons précieusement. Et même si la vie n'est qu'un souffle, que 29 ans ce n'est rien, ces dix mois auront été une bouffée d'air euphorisante et bouleversante à la fois qui a changé notre regard sur nous même et sur les autres.

Nous sommes partis avec des craintes sur cette vie de nomadisme faite d’imprévus, de rencontres fortuites, de départs incessants et d’errance et nous revenons avec la joie des retrouvailles mêlée d’angoisse du planifié, du prévisible et de la routine. Ce système de repères qui nous tranquillisait et dont la perte nous a déstabilisé au départ, celui-là même qui devrait nous tarder de réintégrer pour retrouver notre équilibre, nous fait maintenant peur. Quelle contradiction humaine que celle de se forcer à s’imposer des habitudes à suivre pour ensuite peiner à s’en défaire...

 

Pour le moment, ce vol n’a pas encore le goût du retour. Nous faisons escale à Londres avant de rejoindre Nice. L’anglais est encore de vigueur dans l’avion de American Airlines. Attente à Londres. Derniers clichés. Nous embarquons en direction de l’aéroport Nice-Côte d’Azur. C’est encore un peu les vacances et je me surprends à tendre l’oreille dès que j’entends parler des francophones, à répondre en anglais au douanier français, à m’excuser en espagnol quand je bouscule la niçoise en Cyrillus à coté de moi..Snobisme de voyageurs, j’aurais pensé il y a quelques mois de cela. Simples reflexes de désorientés, je conclus aujourd’hui.

 

Finissons-en avec les questions pratiques, d’abord. Nous avions un billet Tour du Monde pris avec British Airways qui nous donnait droit à vingt vols dans cinq zones : Europe, Asie, Océanie, Amérique du Sud et Amérique centrale. Le budget prévu et finalement respecté était de 50 euros par jour pour nous deux. Cela comprenait, l’hébergement, le transport, la nourriture et les dépenses diverses (achats de souvenirs, internet, poste..). C’est peu et c’est beaucoup en même temps. 25 euros par personne à Paris donnent droit à un paquet de cigarettes, un ciné, un mac do et un café...au bar bien sûr. En Bolivie, à deux, nous avons dépensé entre 15 et 20 euros. En Australie, quotidiennement ça nous a coûté en moyenne 70 euros. En résumé, pour dix mois de voyage, cela a représenté à deux le prix d’une petite voiture neuve. Moi je n’ai pas le permis et Julien a la phobie de la conduite routière sur Paris. Finalement, nous avons préféré à l’achat d’une voiture, les tuk-tuk thailandais, les vans de Wicked Campers en Australie et Nouvelle-Zélande, les trains et bus couchette chinois, le vélo cambodgien, les lanchas brésiliennes, les colectivos boliviens, les camionetas mexicaines, les fourgons Volkswagen argentins, l’auto-stop à l’Île de Pâques, le métro japonais, les bus à deux étages hongkongais, les taxis équatoriens, le bus de soixante-dix heures au Pérou, les pirogues laotiennes, les scooters vietnamiens, les indénombrables kilomètres parcourus à pied....etc

 

Avec un tel budget, il a fallu évidemment faire des sacrifices. Si la fréquentation exclusive des petits boui-bouis, échoppes et tous les types de restauration sur le pouce à des prix modiques faisait partie intégrante de la découverte du pays, nous avons, en revanche, fait l'expérience de couchages plutôt sommaires, économiques et parfois même très rudimentaires selon les moyens du bord: les moquettes des aéroports, les refuges non chauffés, l'arrière des vans, les chambres déjà habitées par des insectes et rongeurs, les dortoirs de quatre, six, huit voire dix personnes, les sièges de bus, les tentes enneigées, les cabanas sur la plage, les posadas, les guesthouses indonésiennes, les hostels, les albergues, le tout blottis dans nos sacs de couchage, nos sacs à viande ou enroulés dans nos couvertures de survie. Il y a eu quelque fois aussi, des habitaciones dobles, des chambres avec télé et les appartements des habitants qui nous ont reçus.

 

Futilité des questions matérielles quand notre pseudo indigence représentait déjà un luxe. Nous avons appris à chercher le confort dans le réconfort du partage avec les autres. Partage de la beauté d'un paysage, de l'histoire d'un pays, des coutumes d'une population. Echange de regards complices, amicaux presque fraternels avec des inconnus. Nous avons goûté aux saveurs de la promiscuité bannie de nos régimes d'occidentaux et avons développé une addiction aux contacts humains.

Comment faire un bilan de cette longue tranche de vie. Racontez-nous votre voyage! Que dire? Le pays qui vous a le plus marqué? Si nous répondons qu'ils nous ont tous touchés à leur manière, les regards s'éteignent, alors. Démagogie d'un coté. Déception de l'autre. Mais, la réalité est bien là. Nous nous heurtons à l'ineffable. Enumérer une suite d'anecdotes croustillantes va capter l'auditoire, mais trahit le souvenir de ces visages qui nous ont souri et dont le seul sourire nous contentait car il nous semblait alors leur donner un peu. Bien sûr, il est possible d'intellectualiser le tout. Répondre que l'Argentine nous a transportés par son tango, que le Brésil nous a contaminés de sa fièvre pour la samba et le football, que la Bolivie nous a touchés par son authenticité, que le Cambodge nous a émus par son histoire, que la Chine nous a séduits par son âme enfantine, que Tokyo nous a subjugués par son raffinement, que l'Indonésie nous a attendris par son hospitalité, que l'Australie nous a éblouis par sa faune, que l'Île de Pâques nous a captivés par son mysticisme, que le Pérou nous a fascinés par ses sites, que l'Equateur nous a donné goût à l'alpinisme.... Mais cela est bien fade au regard de tout ce que chacun de ces pays nous a offert.

Nous ne sommes malheureusement pas de brillants conteurs capables de vous transporter par nos récits, le temps d'une soirée, à des milliers de kilomètres d'ici. Ce blog avait l'ambition, prétentieuse peut-être, de vous faire partager nos péripéties quand nous étions là-bas. Maintenant que tout est fini, il ne reste plus que les images, des émotions, et l'indicible qui s'est niché dans nos tréfonds. Le blog s'achève et nous sommes désormais avec vous pour partager d'autres tranches de vie.

Nous avons emménagé dans un trois pièces à Paris. Un trois pièces pour pouvoir accueillir à souhait nos amis, nos familles mais également d'autres voyageurs. Gloria, Rodrigo et leur famille ainsi que Juan-Carlos et Gabriel nous ont donné une véritable leçon de vie en nous recevant chez eux comme si nous faisions partie de leur famille, sans rien attendre en retour. Quand nous essayions de leur faire promettre de venir à Paris pour pouvoir leur rendre la pareille, ils nous répondaient "La vie nous le rendra, ne vous inquiétez pas". Alors, en attendant que la vie vous le rende, Gloria, Rodrigo, Juanito, Gabito et tous ceux que nous avons eu la chance de croiser sur notre route, sachez qu'il y aura toujours une petite place chez nous pour vous.

Puisque nous sommes dans les remerciements, un grand merci à Bertrand pour son équipement qui aura fait deux fois le tour du monde, à vous tous qui nous avez suivis fidèlement, aux internautes qui nous ont envoyé des mails d'encouragements et bien sûr à nos amis et nos familles qui nous ont donné le courage d'aller jusqu'au bout de cette aventure.


Par Bas - Publié dans : Retour - Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires

Jeudi 28 décembre 2006 4 28 /12 /Déc /2006 19:06

Petit message avant le prochain et dernier article du voyage: nous passons a la radio, dans la chronique "Blogs autour du globe" d'Erwan Leleouet. Notre interview sera diffusée le dimanche 31 décembre 2006 sur France Info à 5h27, 6h57, 8h57, 10h57 et 12h57.

Le lien pour ecouter la rubrique : http://itineraireenfantgate.free.fr/Passage France info.mp3

En attendant, nous vous souhaitons a tous de tres bonnes fetes de fin d'annee...


Par Bas et Ju - Publié dans : Retour - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires

Mercredi 20 décembre 2006 3 20 /12 /Déc /2006 08:13

Nous arrivons a Puebla fatigues par notre derniere nuit en bus. La recherche de l'auberge est laborieuse. Une malencontreuse erreur d'orientation nous entraine totalement a l'oppose de notre lieu de villegiature. Alleges de nos bagages, nous deambulons ensuite dans cette cite aux 75 eglises.

En effet, Puebla temoigne, encore plus que les autre villes mexicaines traversees, du traditionalisme religieux qui fait partie integrante de la culture du pays. Les facades coloniales bordent des rues particulierement animees par la tenue dans la capitale voisine de l'investiture du nouveau president mexicain: Felipe Calderon. Ici, c'est la prise de pouvoir du gouverneur local qui rassemble la foule des partisans. Dans un autre registre, le festival des arts de rue donne aux badeaux l'occasion d'admirer ou de rester plus circonspects devant les prestations d'artistes venus du monde entier presenter des spectacles de jonglages, trapezes ou autres representations theatrales.

La ville voisine de Cholula est situee aux pieds des volcans de la Malinche et du celebre Popocatepeque encore en activite. C'est ici que les espagnols ont fait construire, peu apres leur arrivee au Mexique, une eglise au sommet de ce qu'ils pensaient etre une colline au centre de la ville. En fait d'un monticule naturel, se tient ici la plus grande pyramide jamais edifiee sur laquelle la nature a repris le dessus. Nous contemplons la vue sur les volcans voisins et visitons les tunnels traversant de par en par l'antique edifice.

Apres avoir theorise devant Mathias sur le fait que notre organisme habitue ne peut desormais plus etre malade a cause des aliments ingurgites, nous meritions bien d'etre contredits. Le choix du restaurant de Cholula, qui se voulait novateur par rapport aux echoppes habituelles, nous aura ete fatal. La journee du lendemain, pour sa part, est oubliee....

Mexico est notre ultime etape. Son reseau de metro, l'un des plus frequentes au monde, nous permet de rejoindre le centre-ville tres rapidement. La decouverte du Zocalo est un choc. Cette immense place centrale est bordee par le Siege du gouvernement, l'impressionnante cathedrale, et les seuls vestiges subsistants de l'ancienne capitale Azteque que Cortes a fait detruire en arrivant. Le centre historique est, lui, un gigantesque marche ou l'on trouve les derniers films a la mode en DVD, les specialites culinaires du pays et de nombreuses degustations pour enfants.

Lors de la visite de la cathedrale, nous constatons la ferveur lcoale: une femme traverse l'immense nef sur les genoux en recitant ses prieres. C'est pour faire penitence explique une maman a son jeune fils tout aussi intrigues que nous. Ce lieu de culte est par ailleurs tres frequente par les habitants a n'importe quelle heure de la journee et encore plus a cette epoque de l'annee. A l'approche de noel, la tradition veut que les familles accrochent des etoiles a sept branches - qui representent les sept peches capitaux. Le 25 decembre, les sept proeminences sont brisees afin de conjurer toute tentation.

Malgre leurs profondes attaches a la religion catholique, les mexicains ont aussi garde d'ancestrales croyances. Ainsi, le site de Theotihuacan a 40 kilometres du centre de Mexico est noir de monde a chaque equinoxe. Ce jour la, les habitants de la capitale grimpent en haut des deux pyramides pour capter l'energie solaire en levant les bras, les paumes des mains tournes vers l'astre venere.

Les ruines de Theotihuacan, vestige d'une civilisation a son apogee vers 400 apres Jesus-Christ, sont incroyables. Les pyramides du soleil et de la lune sont majestueuses et l'allee centrale degage une perspective admirable. Nous passons la journee a deambuler dans le site et a escalader les differents edifices totalement envoutes par cet endroit.

La decouverte de la richesse de la culture pre-hispanique du Mexique se termine au musee d'anthropologie. Cette immense galerie  expose des objets de l'ensemble des civilisations antiques. Cet endroit est superbement riche en explications tout en vulgarisant au mieux l'information grace a de nombreuses reconstitutions.

 

Mexico compte un nombre tres important de musees. Notre choix se porte sur le musee d'Art Moderne et des Bellas Artes. Nous restons stupefaits par les oeuvres des muralistes. Les immenses fresques de Orozco, Siqueiros ou Riveira representent l'histoire du pays ou vehiculent un message politique. Tres amateurs du travail de Diego Riveira, nous sommes combles par les visites du Palacio National et du Ministere de l'Education National qui contiennent plus de 200 representations du maitre.

Nous decouvrons aussi la maison que l'artiste partageait avec Fridha Khalo qui habrite desormais un large panel des oeuvres des deux peintres. Notre sejour a Mexico est marque enfin par l'accueil memorable de Celia, une francaise expatriee au Mexique et la cousine de notre tres bonne amie Peggy. 

Nous decouvrons la vie nocturne mexicaine dans une cantinas typique  au son d'un orchestre qui reprend tous les tubes d'Amerique latine qui ont berce nos cinq derniers mois. Le dernier soir de voyage nous passons une tres chaleureuse soiree a partager a quatre nos envies futures et  notre crainte du retour autour de sushis, makis, riz et teryaki. Nous nous dirigeons vers l'aeroport de Mexico terriblement excites de retrouver tous nos proches, mais un peu nostalgiques de terminer cette aventure.  

Un dernier article prochainement pour tenter de faire un petit bilan de cette aventure.

PS: Les photos sont dans le repertoire Mexique.

 


Par Ju - Publié dans : Mexique - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Lundi 11 décembre 2006 1 11 /12 /Déc /2006 12:41

Nous arrivons a San Cristobal, premiere ville mexicaine que nous traversons ayant conserve une grande empreinte indienne. C'est Erika qui nous cueille a la gare routiere pour nous conduire dans la maison de son grand-pere. Un peu defraichie, la maison est, somme toute, charmante avec ses grandes chambres repeintes, son patio, sa pelouse et ses tables de jardin. Plus etrange, un autel compose de plusieurs statuettes representant des squelettes devant lequel sont disposees des offrandes et brule une bougie donne a ce lieu une dimension mystique.

 

Le petit-dejeuner, quant a lui, est typique et atypique: quesadillas _ galettes de mais fourrees au fromage frais, riz au lait saupoudre de cannelle ou pains secs au sucre, specialite de San Cristobal, accompagne notre traditionnel cafe americano. Car meme si la region abrite de nombreuses plantations de cafe, celui qui est servi dans les hotels, bars et restaurants ne contentent pas nos organismes dopes a la cafeine.

 

Nous deambulons dans les ruelles de San Cristobal aux facades colorees qui regorgent de marches artisanaux alimentes soit par les vetements brodes des indiennes mexicaines soit par les produits meilleur marche importes du Guatemala proche d'ici. L'autre attraction de la ville ce sont ses superbes eglises. A l'interieur, outre les habituelles statues de porcelaine de Jesus Christ ensanglante, avec ou sans perruques, blanc, metisse ou indien, et les nombreux ex-voto sous forme de pendentif representant une jambe, un coeur ou toute autre partie du corps ayant fait l'objet d'une guerison grace a l'intervention divine, ce sont les touristes qui recueillent notre attention. En particulier, un francais, qui, plus preoccupe a se positionner pour prendre la meilleure photo du lieu plutot qu'a respecter les habitants venus se recueillir et, les yeux fixes sur l'ecran de son appareil numerique, s'approche precipitamment d'un autel, ne voit pas la marche et plonge la tete et les bras les premiers pour finir a plat ventre au pied du dieu devant lequel il refusait de s'agenouiller. Mathias et Julien, pris d'un fou rire, sortent de l'eglise pour laisser libre cours a leur hilarite tandis que moi, plus par besoin de divertir mon esprit que par compassion lui demande en pensant qu'il etait anglais: are you OK? Le menton leve, les levres pinces, l'allure digne il secoue la tete afin de se soustraire a une deuxieme humiliation.

 

Une fois le tour de la ville effectue, nous partons a la decouverte du Canyon de Sumidero. C'est en bateau que la visite se fait. Embarques en compagnie de touristes mexicains dans une vedette, nous traversons, durant deux heures, le canyon dont le point le plus haut se situe a 1000 metres au-dessus de nos tetes. Nous nous arretons a plusieurs reprises pour contempler, en premier lieu, El Arbol de Navidad _ l'arbre de noel _ un amas de mousse sur la roche qui donne, effectivement, a cette falaise une forme de sapin, puis, devant une grotte dans laquelle est nichee une statuette de la Vierge Marie, et enfin, a quelques metres de deux crocodiles prenant paisiblement le soleil sur le bord de la riviere.

 

 

Ravis par cette ballade fluviale, nous profitons de l'apres-midi pour decouvrir la ville de Chiapa de Corzo. Sans grand interet, nous ferons vite le tour de cette  bourgade et terminerons aux comidas du marche pour un dejeuner mexicain. Mathias testera le poulet au mole_ sauce au chocolat legerement pimentee aux epices, cacahuetes et parfois bananes, tandis que Julien et moi nous rassasierons de tacos au poulet.

 

 

De retour a San Cristobal, nous nous renseignons sur les moyens de transport permettant de nous rendre aux villages avoisinants. C'est donc a bord d'un taxi mexicain pas tres officiel que nous nous rendons a San Lorenzo de Zinacantan. Ce bourg, peuple en majorite par des indiens Tzotzils, n'est pas tres ouvert au tourisme. Nous serons, au plus, moins d'une dizaine a arpenter le marche typique de Zinacantan. Sur les etals se vendent uniquement des costumes traditionnels et des fruits et legumes. Aucune trace d'artisanat-souvenir, pour notre grand plaisir. Les vendeurs, pour leur part, ne parlent que tres peu l'espagnol. Sur la place centrale, deux eglises se font face. Une premiere, traditionnelle meme si l'interieur regorge de statues indiennes, est ouverte aux visiteurs sans appareil photo. L'autre, plus mysterieuse est fermee aux non autochtones. Des hommes, vetus de peaux de betes et enivres par un alcool maison, recitent des incantations, sur la place, en se tapotant le dessus des mains avant de s'engouffrer dans ce temple duquel on ne percoit que les bribes de leurs chants.

 

 

Plus que seduits par cette expedition, nous decidons de reiterer l'experience le lendemain, a cheval cette fois, dans le village de San Juan de Chamula et accompagnes de Sylvianne et Sabine, deux charmantes toulousaines rencontrees a Tulum autour d'un plat de poisson et retrouvees a San Cristobal. Apres une soiree au Bar de la Revolution, nous retrouvons nos deux comparses pour rejoindre le rendez-vous fixe avec la dame qui chuchotait aux oreilles des chevaux.

 

9h00 punto, nous y sommes. Nous prenons un collectivo pour nous rendre aux ecuries. La question est lancee: qui a deja fait du cheval? Les reponses fusent: jamais! une fois je crois..., quand j'avais 3 ans, 5 ans, et le poney ca compte?... Bref, nous sommes tous debutants ou assimiles. Nous regardons tres attentivement les moindres gestes des chevaux apportes, essayant de discerner tout signe d'indomptabilite. Finalement, c'est l'eleveur qui decide du cheval qui sera atribue a chacun de nous. Une fois en selle, nous cavalons ou plutot trottons jusqu'au centre de San Juan. La, nous descendons de nos chevaux, le temps d'une ballade sur la place centrale occupee par une superbe eglise et deux marches plus ou moins locaux.

 

 

Nous chevauchons de nouveau nos montures pour nous diriger, cette fois, vers la foret. Sabine et Sylvianne qui ont herite, toutes deux, de destriers plus motives a chercher leur pature qu'a avancer au rythme du groupe, restent derriere. Mathias, pour sa part, conserve un rythme regulier lui permettant de se maintenir ni trop en tete, ni trop en queue du cortege. Enfin, Julien, engaillardi par une heureuse experience en Camargue, fanfaronne en cavalant plus vite que les autres. Neanmoins, quand Principe, son cheval s'embale, refuse de suivre le cavalier qui nous guide et prefere emprunter au galop un tout autre chemin, Don Julien de la Vega perd de son assurance. Anticipant que mon cheval allait prendre la meme direction, je tire sur les rennes pour le faire avancer dans le sens souhaite. Il dessine un cercle et, enerve, se met a galoper dans la meme direction que Principe immobilise par l'eleveur. Cette petite chevauchee nous aura calme tous les deux.

 

 

 

De retour a notre auberge, les fesses encore un peu endolories par deux heures de cheval, nous nous detendons autour d'un verre en terasse avec Alexander, ex-detective prive, chasseur de prime reconverti en businessman de la securite pour businessmen avant de prendre notre bus en direction de Mazunte, la cote pacifique.

 

Mazunte est un petit coin paradisiaque. Grande plage de sable fin, mer bleue turquoise a une temperature plus qu'agreable, peu de monde a cause des evenements a Oaxaca tout proche, et, par consequent, un panel large de cabanas au confort variable qui s'offrent a nous. Nous commencons par une nuit dans l'une d'entre elles au confort tres rustique, terminant par une, plus agreable, avec vue sur la mer.

 

 

Nos trois journees a Mazunte passeront trop rapidement entre les repas sur la plage, les lectures sur le sable, les baignades dans les vagues, le farniente dans les hamacs et la sortie en  mer pour.... observer et nager avec les tortues. Ces dernieres, qui pondent en decembre, s'accouplent durant 40 jours non stop en ce moment meme. Nous croisons donc des dizaines de tortues litteralement emboitees les unes sur les autres en pleine copulation.

 

Notre guide apercevant des dauphins, repousse pour plus tard le bain avec la tortue pour suivre une dizaine de dauphins sautant, plongeant et surfant sur l'eau. La joie est encore plus grande que personne ne s'attendait reellement a voir des dauphins. Ensuite, notre guide se positionne strategiquement sur le devant du bateau a moteur avant de sauter capturer une tortue afin que chacun de nous puisse l'approcher au plus pres. Nous terminons par une petite demie-heure de snorkelling avant de retrouver le sable fin pour une derniere baignade avant de quitter cet endroit idyllique en petite camioneta collective...

 

 

PS: De nouvelles photos dans le repertoire Mexique pour San Cristobal, San Juan de Chamula,  Zinacantan, Canyon Sumidero et Mazunte. Et un dernier article sur le Mexique tre prochainement.


Par Bas - Publié dans : Mexique - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Samedi 2 décembre 2006 6 02 /12 /Déc /2006 04:40

Nous arrivons a Cancun avec deux jours d'avance au rendez-vous pris avec notre ami Mathias. Aussi, nous decidons de l'attendre a Playa del Carmen, qui semble, dans cette region de gros "resort" a la clientele americaine, un peu plus accessible pour notre budget. Cette petite bourgade a garde la reputation d'etre plus autentique, mais est cependant tres frequentee et betonnee. De nombreux touristes faisant escale pour la journee, descendent des bateaux de croisiere et parcourent la rue principale de long en large pour s'approvisioner en chapeaux mexicains et tequila souvenirs. L'unique attrait du lieu reste donc la plage qui borde la mer des Caraibes au bleu turquoise et dont l'eau est a 24 degres. Ce qui nous comble completement.

Jeudi 16 novembre. 18h40. Nous sommes de nouveau a l'aeroport de Cancun, cette fois ci de l'autre cote de la barriere, nous melant avec les vendeurs d'appartements en time-share et les G.O ou equivalent, pancarte de l'hotel en etendard, acceuillant les groupes debarquant de tous pays. Mathias arrive. L'excitation des retrouvailles maitrisee, nous nous dirigeons vers le centre de Cancun avant de passer la soiree a nous raconter anecdotes et a prendre des nouvelles de chacun. La nuit sera courte, et presque inexistante, l'immeuble en face de notre chambre sans fenetre nous faisant partager au mieux le son de la soiree Reggaeton qui s'y deroule. Nous debutons, des le lendemain, notre periple de trois semaines qui doit nous conduire le 8 decembre a Mexico.

La baie de Tulum est paradisiaque. La mer encore plus belle qu'a Playa del Carmen est bordee d'une plage quasi deserte ou les cocotiers offrent l'ombre salvatrice pour supporter le soleil tropical. Quelques barques de pecheurs sont disseminees, et sur la gauche un promontoir rocheux acceuille des ruines Maya.

Tulum est aussi l'occasion de prouver a Mathias que la faune des auberges de jeunesse est parfois plutot atypique. Et, honnetement, nous ne pouvions pas mieux tomber: les deux danoises qui partagent notre dortoir - plutot le jour que la nuit - a la pudeur totalement inexistante et visiblement adeptes du naturisme sur l' oreiller, et cette femme hors d'age qui ere toute la journee dans l'auberge, perruque sur la tete, veste leopard sur les epaules et chaussettes de foot remontees aux genous enfilees dans des tongs.

Salivant le premier soir devant les queues de langoustines preparees par d'autres voyageurs dans la cuisine de l'auberge, nous assailons, a notre tour, des le lendemain, une barque de pecheurs de retour sur la plage. Nous sommes asser fiers de notre prise et cuisinons ce qui nous semble etre une sorte de maquereau en compagnie des adorables Ely et Vanessa.

En outre l'initiation a la gastronomie mexicaine est un veritable bonheur. Nous ne nous lassons pas des tacos, enchiladas, burritos et autre quesadillas. Les preparations sont differentes selon les echopes, mais la base reste une galette de mais garnie de viande, de legumes ou fromage.

Le Yucatan, abrite aussi une particularite geologique unique. Les Cenotes sont de grands puits calcaires communiquant entre eux au sein d'un vaste reseau d'eau douce. Ceux-ci auraient ete crees par la chute d'un meteorite il y a 65 millions d'annees - peut etre le meme qui serait a l'origine de la fin des dinosaures. Celui que nous explorons est incroyable. Nous nageons dans une eau claire sous les stalactites, decouvrant de nouveaux passages qui donnent l'impression que cette grotte est sans fin.

C'est aussi a Tulum que nous commencons notre decouverte de la civilistion Maya. Les ruines de cette ville surplombent la plage et offrent un panorama epoustouflant. Un peu frustres de ne pas saisir le sens de toutes les representations, fresques et des differents batiments, nous nous engageons avec Jose le lendemain pour visiter le site de Mayil. Ce guide nous eclaire sur l'age d'or Maya situe entre 300 et 900 apres J-C et nous fait decouvrir un lieu cache dans la foret, ou les restes de cette cite se battent avec la vegetation. Jose nous fait aussi beaucoup rire. Il nous explique que l'on a bien fait de partir avec lui car les bons guides sont rares et explicite pourquoi la plupart des archeologues sont d'accord avec lui. Il affirme etre le seul guide a venir ici, les autres restant dans les sentiers battus attrape-touristes, mais est un peu gene quand nous croisons un groupe de cinq japonais. Un petit peu moins inculte sur le sujet, nous poursuivons donc notre decouverte d'autres vestiges Maya. Chichen Itza est peut etre le plus frequente, mais son immense piramide et son jeu de balle tres bien conserve nous impressionne. En plus des batiments classiques, d'autres plus recents abritent des bas reliefs et des fresques tres atypiques.

Palenque est niche au coeur d'une foret luxuriante et traverse par des courts d'eau finissant en cascade formant les "bains de la reine". Mais c'est l'expedition aux sites de Yakchilan et Bonampak qui nous convaint le plus. Ces deux sites sont niches au coeur de la jungle et on les decouvre en empruntant de petits chemins escarpes au son des singes hurleurs qui sautent de branche en branche a notre passage.

Pour ne rien enlever au charme de cette journee, Yakchilan se rejoint en lancha - petite pirogue a moteur- sur une riviere marquant ici la frontiere avec le Guatemala.

Enfin les deux jours passes a Merida nous permettent de feter l'anniversaire de la revolution mexicaine en contemplant defiles et danses traditionelles et de visiter la capitale du Yucatan si agreable et culturelle.

L'art moderne est dans la rue et l'on se prelasse sur le Zocalo - place centrale - en degustant des glaces naturelles ou autre tacos.

Nous rejoignons maitenant le Chiapas et San Christobal de las Casas, temple de la culture indienne et du mouvement zapatiste du sous-commandant Marcos.

PS: Les photos dans le repertoire Mexique. La video du saut en deltaplane a ete integree a l'article precedent.


Par Ju - Publié dans : Mexique - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

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