Quitter Ushuaia est aussi complique que d'y arriver : pas de bus disponibles avant quatre jours et des temps de trajet plus qu'interminables. Nous commencions a avoir un debut de depression avant que l'on nous parle de la LADE. Cette compagnie publique qui depend de l'armee opere des vols hebdommadaires a des prix defiant toute concurrence: a peine plus chers que le bus! Nous obtenons donc deux places pour le lendemain pour Puerto Madryn, soulages, mais neanmoins un peu intrigues par le fait que tous les vols de cette compagnie partent le meme jour a la meme heure...

A l'embarquement, le vieux Fokker aux sieges et a la moquette vieillis, rapiesces et sentant le renferme ne nous rassurent pas trop. Tres vite, nous sommes mis au parfum: l'avion est omnibus et effectuera en tout 5 arrets jusqu'a Buenos Aires, le terminus. Pour notre part, nous devrons descendre au quatrieme arret. Le steward, pas tres glamour, bacle rapidement les consignes de securite et, apres seulement 10 minutes environ, on a decolle, atteint l'altitude de croisiere et ce dernier nous propose deja le seul service durant ces 4 heures de vol: du the. A chaque decollage et atterissage, il s'amuse de ces gringos regardant avec des yeux ronds les passagers embarquant et quittant l'avion comme on le fait dans les transports publics sur terre...

Puerto Madryn est sur la frontiere entre la Patagonie et la Pampa, 1500 kilometres environ en dessous de Buenos Aires. Ce qui conduit les voyageurs dans cette bourgade, c'est la Peninsule de Valdes adjacente. En effet, ce vaste parc naturel abrite une faune exceptionnelle.
Nous partageons avec deux americaines la location d'une voiture pour explorer cette fameuse reserve. Cent cinquante kilometres de piste plus tard, nous voici a notre premiere etape de la journee: Caleta Valdes. Cette plage abrite une colonie de pingouins. Il est tres amusant d'observer leur demarche balancee et de les voir si a l'aise une fois dans l'eau. Les nids, ou plutot les sortes de terriers qui en font office, sont en amont de la plage. Aussi, une barriere empeche les visiteurs de penetrer dans leur espace vital. Cependant cette derniere n'empeche pas certains pingouins, plus temeraires, de s'aventurer sur le parking.

Nous continuons notre tour de la presqu'ile, pour rejoindre, une seconde plage ou, a meme le sable, gisent des centaines de mammiferes marins. Les elephants de mer sont enormes et peuvent peser jusqu'a 4 tonnes. Leur tete, mais surtout leur nez diforme nous intrigue particulierement. Ils emettent des baillements reguliers accompagnes de grognements graves et puissants, mais ne semblent pas avoir d'autres occupations quotidiennes que la sieste. Les femelles sont beaucoup plus petites et se confondent avec les otaries presentent, elles aussi, sur la plage. Plus vives, ces dernieres se deplacent en faisant des bons sur la terre avant de disparaitre dans l'eau.

Cette faune emerveille les visiteurs. Neanmoins, durant cette periode de l'annee, la principale attraction de la peninsule Valdes reste la presence inexpliquee de plusieurs milliers de baleines dans son golf. Bon, c'est vrai que nous vous avons deja beaucoup parle de baleines ( meme si ces dernieres sont encore d'un autre type). Mais, nous ne nous lassons pas de ce spectacle, et cela reste a chaque fois une experience unique. Les baleines Francesca viennent de l'Antartique pour accoucher ici et attendre que leurs nouveaux-nes soient suffisament grands pour repartir. Elles sont tellement nombreuses que nous ne savons plus ou donner de la tete. Elles passent sous le bateau, sortent la tete a un metre de nous, et les nouveaux nes semblent disposer a nous impressioner. Leurs sauts suscitent, a chaque fois, de grandes exclamations sur le bateau.

Nous finissons, avec cette ultime etape, notre exploration de la Patagonie, excites de rejoindre Buenos Aires et de retrouver un environement plus urbain.
Ps : De nouvelles photos dans le repertoire Argentine. Elles commencent par 2-Puerto Madryn

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