Nota : Comme vous le comprendrez, cet article a ete ecrit avant la catastrophe. On a pris un peu de retard faute de connexion Internet dans le village ou on etait a Bali. Mais, on a quitte l’ile de Java 2 jours avant le tremblement de terre. Donc tout va bien pour nous si ce n’est qu’on est tres touches par ces evenements qui frappent cette ville et sa population qu’on a tant aimees comme vous le lirez dans l’article.
Atterrissage. La porte de l’avion s’ouvre, on met notre premier pied en Indonésie et déjà une bouffée d’air chaud et humide nous donne nos premières sueurs. La file pour se faire délivrer un visa est peuplée majoritairement de businessmen venus pour les affaires. Beaucoup d’américains. Pas d’antiaméricanisme en vue. Très peu de touristes : la grippe aviaire et les menaces terroristes véhiculées par les journaux occidentaux ont eu raison des cargos touristiques. Les formalités douanières passées, c’est une horde d’indonésiens brandissant les pancartes des grands hôtels ou les noms des businessmen les plus choyés qui attend. Personne pour nous. Nos sacs a dos nous trahissent et des la sortie de l’aéroport les taxis se proposent tous de nous conduire a Jalan Jaksar, la rue des routards. Dans la voiture, les paysages qui défilent sont décevants. De grandes artères, des immenses buildings, des routes embouteillées, mais pas de vie. Jalan Jaksar est encore plus décevante. La rue est quasiment déserte. Les restaurants et bars aussi. Leur musique assourdissante censée redonner une âme a ce lieu, lui confère bien au contraire une ambiance glauque de ville abandonnee.
La recherche d’un losmen pour la nuit s’avère plus difficile qu’escomptée. Les chambres visitées sont miteuses, refoulent l’odeur nauséabonde des égouts et sont pour la majorité déjà habitées par des insectes en tout genre pour ce qu’on a pu identifier. Apres plusieurs tentatives on se rabat sur celle qui nous semble la moins pire. Emmitoufles dans nos sacs a viande pour éviter tout contact avec la literie plus que douteuse, on s’endormira sans dîner en rêvant a un meilleur lendemain. Malheureusement, la visite de la ville, sa place hollandaise, son pont levis et son vieux quartier ne nous enchantera pas plus. Les places sont vides, les rues sont fades, et les canaux hérités de la colonisation hollandaise sont a l’origine des odeurs fétides de certains quartiers ce qui ôte aux immenses buildings tout le luxe qu’ont voulu leur donner leurs architectes. Ce n’est qu’a la mosquée Istiqlal qu’on retrouvera le goût de la découverte. Cet immense lieu de culte, avec son minaret de 6666 cm, ses 5 étages et ses impressionnantes salles de prières est aussi une véritable aire de repos et de méditation pour les indonésiens venus pour certains des autres îles. Juste en face de la mosquee, la grande cathédrale. Ainsi, de la mosquee on peut entendre les cloches sonner et de la cathedrale on entend les appels a la priere du muezzin.
Nous ne nous attardons pas à Jakarta.
Apres nous être renseignés sur les dangers du réveil du Merapi, on part pour Yogyakarta. 10 heures de train dans un paysage époustouflant de rizières verdoyantes encore plus belles que celles du Vietnam nous réconcilient avec l’île de Java.
Yogyakarta continue de nous ravir. La ville nous donne enfin le visage tant attendu de l’Indonésie. A Yogya, modernisme et tradition se mélange harmonieusement.
Les centres commerciaux à plusieurs étages bordent les grandes avenues tandis que les petites maisons basses coiffées de toits en tuile se succèdent dans les gangs, ces petites ruelles étroites qui forment un réseau de labyrinthe dans la ville. Les becaks, cyclo pousse qui se comptent par milliers, arpentent les rues aux cotes de luxueux 4x4, les grandes chaînes américaines concurrencent les Warungs, tentes installées sur le trottoir des la tombée de la nuit pour rassasier petits et grands appétits. Et surtout, une grande mixité sociale et religieuse. Même si l’île est a 95 % musulmane, les filles en levis et tee shirts Morgan se promènent main dans la main avec les femmes voilées dans leurs batiks, certains hommes se dirigent vers les mosquées pendant que d’autres disputent une partie de cartes sous un arbre et l’appel a la prière des muezzins se confond a la musique des groupes de musiciens qui animent la vie nocturne des rues de Yogya. Il fait bon vivre à Yogya et l’odeur de clous de girofles qui émanent des cigarettes des fumeurs se mêlent aux parfums d’encens. On passera donc ici 5 jours avec un réveil très matinal consacré a la visite de Borobudur, le plus grand monument bouddhique au monde, et Prambanam, temple hindouiste.
Quant a nos soirées, on s’est mêlés a la foule des indonésiens qui vont contempler de nuit les coulées de lave du mont Merapi. Moment magique ponctue, a chaque coulee de lave, d’un houra spontane de la foule de spectateurs partages entre inquietude et admiration.
PS: bon, on vous l'accorde, on ne voit pas grand chose sur la photo, mais le spectacle etait plus impressionnant que ce petit point rouge qui apparait vaguement..:-)

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