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Lundi 29 mai 2006

Nota : Comme vous le comprendrez, cet article a ete ecrit avant la catastrophe. On a pris un peu de retard faute de connexion Internet dans le village ou on etait a Bali. Mais, on a quitte l’ile de Java 2 jours avant le tremblement de terre. Donc tout va bien pour nous si ce n’est qu’on est tres touches par ces evenements qui frappent cette ville et sa population qu’on a tant aimees comme vous le lirez dans l’article.

Premier vol apres deux mois de voyage terrestre: Bangkok-Jakarta via Hong-Kong. A l’aéroport de Hong-Kong, de grands écrans passent en boucle les news de CNN. Entre les derniers morts en Irak et les tergiversations americaines sur l’action a prendre vis-à-vis de l’Iran, une nouvelle retient plus notre attention : le mont Merapi en Indonésie , volcan le plus surveille au monde, est en éruption imminente. La population est évacuée des villages bordant ce volcan.  Le stress commence a se faire sentir, mais on attendra d’arriver a Jakarta pour décider de la suite du voyage.

Atterrissage. La porte de l’avion s’ouvre, on met notre premier pied en Indonésie et déjà une bouffée d’air chaud et humide nous donne nos premières sueurs. La file pour se faire délivrer un visa est peuplée majoritairement de businessmen venus pour les affaires. Beaucoup d’américains. Pas d’antiaméricanisme en vue. Très peu de touristes : la grippe aviaire et les menaces terroristes véhiculées par les journaux occidentaux ont eu raison des cargos touristiques. Les formalités douanières passées, c’est une horde d’indonésiens brandissant les pancartes des grands hôtels ou les noms des businessmen les plus choyés qui attend. Personne pour nous. Nos sacs a dos nous trahissent et des la sortie de l’aéroport les taxis se proposent tous de nous conduire a Jalan Jaksar, la rue des routards. Dans la voiture, les paysages qui défilent sont décevants. De grandes artères, des immenses buildings, des routes embouteillées, mais pas de vie. Jalan Jaksar est encore plus décevante. La rue est quasiment déserte. Les restaurants et bars aussi. Leur musique assourdissante censée redonner une âme a ce lieu, lui confère bien au contraire une ambiance glauque de ville abandonnee.

La recherche d’un losmen pour la nuit s’avère plus difficile qu’escomptée. Les chambres visitées sont miteuses, refoulent l’odeur nauséabonde des égouts et sont pour la majorité déjà habitées par des insectes en tout genre pour ce qu’on a pu identifier. Apres plusieurs tentatives on se rabat sur celle qui nous semble la moins pire. Emmitoufles dans nos sacs a viande pour éviter tout contact avec la literie plus que douteuse, on s’endormira sans dîner en rêvant a un meilleur lendemain. Malheureusement, la visite de la ville, sa place hollandaise, son pont levis et son vieux quartier ne nous enchantera pas plus. Les places sont vides, les rues sont fades, et les canaux hérités de la colonisation hollandaise sont a l’origine des odeurs fétides de certains quartiers ce qui ôte aux immenses buildings tout le luxe qu’ont voulu leur donner leurs architectes. Ce n’est qu’a la mosquée Istiqlal qu’on retrouvera le goût de la découverte. Cet immense lieu de culte, avec son minaret de 6666 cm, ses 5 étages et ses impressionnantes salles de prières est aussi une véritable aire de repos et de méditation pour les indonésiens venus pour certains des autres îles. Juste en face de la mosquee, la grande cathédrale. Ainsi, de la mosquee on peut entendre les cloches sonner et de la cathedrale on entend les appels a la priere du muezzin.

Nous ne nous attardons pas à Jakarta.

Apres nous être renseignés sur les dangers du réveil du Merapi, on part pour Yogyakarta. 10 heures de train dans un paysage époustouflant de rizières verdoyantes encore plus belles que celles du Vietnam nous réconcilient avec l’île de Java.

Yogyakarta continue de nous ravir. La ville nous donne enfin le visage tant attendu de l’Indonésie. A Yogya, modernisme et tradition se mélange harmonieusement.


Les centres commerciaux à plusieurs étages bordent les grandes avenues tandis que les petites maisons basses coiffées de toits en tuile se succèdent dans les gangs, ces petites ruelles étroites qui forment un réseau de labyrinthe dans la ville. Les becaks, cyclo pousse qui se comptent par milliers, arpentent les rues aux cotes de luxueux 4x4, les grandes chaînes américaines concurrencent les Warungs, tentes installées sur le trottoir des la tombée de la nuit pour rassasier petits et grands appétits. Et surtout, une grande mixité sociale et religieuse.  Même si l’île est a 95 % musulmane, les filles en levis et tee shirts Morgan se promènent main dans la main avec les femmes voilées dans leurs batiks, certains hommes se dirigent vers les mosquées pendant que d’autres disputent une partie de cartes sous un arbre et l’appel a la prière des muezzins se confond a la musique des groupes de musiciens qui animent la vie nocturne des rues de Yogya. Il fait bon vivre à Yogya et l’odeur de clous de girofles qui émanent des cigarettes des fumeurs se mêlent aux parfums d’encens. On passera donc ici 5 jours avec un réveil très matinal consacré a la visite de Borobudur, le plus grand monument bouddhique au monde, et Prambanam, temple hindouiste.

Quant a nos soirées, on s’est mêlés a la foule des indonésiens qui vont contempler de nuit les coulées de lave du mont Merapi. Moment magique ponctue, a chaque coulee de lave, d’un houra spontane de la foule de spectateurs partages entre inquietude et admiration.


PS: bon, on vous l'accorde, on ne voit pas grand chose sur la photo, mais le spectacle etait plus impressionnant que ce petit point rouge qui apparait vaguement..:-)


Par Bas - Publié dans : Indonesie - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander

Dimanche 14 mai 2006
On a eu un peu de mal a nous defaire de notre petit quotidien a Phnom Penh et, a vrai dire, on redoutait de trouver a Siem Reap, la ville juxtant Angkor, une usine a touristes occidentalisee a l'exces. Au final, Siem Reap reste, malgre tous les resorts et une industrie touristique bien rodee, tres cambodgienne avec son quartier francais, son vieux marche et ses rencontres tres touchantes. Encore plus que dans la capitale, la pauvrete et les inegalites sont ici tres visibles. La mendicite est presque une attraction touristique d'un autre genre meme si elle reste tout de meme motivee par une reelle necessite. Les milliers de visiteurs debarquant chaque jour alimente en dollars ce poumon economique du Cambodge. Neanmois, la visite du site reste un moment  inoubliable.  L'etendue de cette ancienne capitale de l'empire khmer et la multitude des temples dissemines dans la jungle laisse parfois au visiteur la delicieuse impression d'etre le seul a les decouvrir.

Nous avons opte pour une premiere journee a velo en partant aux aurores et en denigrant un peu tous les touristes qui choisissaient d'etre avachis dans les tuk-tuk. On a vite compris que sous plus de quarante degres avec comme activites sportives, en plus du pedalage sur une distance de 40 kilometres, l'escalade des ruines et la randonnee dans la jungle, l'option motorisee, certes plus chere, n'etait pas du luxe. On a donc, des le lendemain, choisit de se laisser conduire toute la journee. Angkor reste fascinant et tres bien preserve. Cetains temples sont bien renoves, d'autres sont volontairement laisses tel qu'ils etaient lorsque ces derniers ont ete decouverts, la nature reprenant possession des lieux.


On se demandait en arrivant comment il etait possible de visiter autant de temples sans etre lasses. Mais, la diversite des architectures, des styles et des materiaux utilises donnent a chacun d'entre eux un charme particulier. Notre prefere a ete le Bayon, temple aux plus de 70 visages  qui semble sorti d'un roman de science-fiction.





     











Le lever du soleil sur Angkor Wat, le temple le plus celebre, reste tout de meme inoubliable, probablement aussi parce que pour assister a ce spectacle magique il nous a fallu nous lever a 4 heures du matin...et un peu egalement par le bal des maries qui s'y deroule des le lever du jour et qui donne une touche romantique a ce temple somme toute tres sobre. On a pu, au cours de ces visites, confirmer mon succes avec les moines boudhistes qui sont nombreux a venir en "pelerinage " dans ce lieu et  qui  demandent  timidement un cliche en compagnie de ma bonne tete de barong. Basma etant, quant a elle, ignoree, les bonzes ne devant avoir aucun contact avec une femme. Apres trois jours a se prendre tantot pour Malraux, arrete ici en possession de statuettes volees a meme les temples, tantot pour Lara Croft dont le tournage de Tom Raider s'est deroule dans le temple de Ta Prom, on a du se resoudre a planifier notre depart du Cambodge. En effet, nous devions etre a Bangkok avant le 15 mai pour faire reediter le billet d'avion que je me suis fait voler au Laos.

On croyait etre rodes en matiere de route difficile, et nous n'ecoutions que d'une oreille tous les avertissements des autres voyageurs. Finalement, la "dancing road" reliant Siem Reap  a la frontiere thailandaise est une des pires que l'on ait faite. Sept heures pour faire 150 kilometres sur une piste defoncee! La rumeur court que c'est la Bangkok Airways, qui a le monopole sur la tres lucrative et frequentee ligne aerienne Bangkok-Siem Reap, qui inonde le gouvernement cambodgien de pots-de-vin  pour qu'il laisse la route en l'etat. Nous sommes donc arrives a Bangkok tres extenues par le trajet etles changements de bus a la frontiere, et un peu tout de  meme culpabilises d'avoir entraines avec nous dans ce fastidieux voyage, Nora et Mohamed, deux francais rencontres a la guesthouse avec qui nous avions passe la soiree de la veille et qui nous proposaient de partager avec eux un taxi jusqu'a la frontiere.


L'arrivee a Bangkok fut sans surprise.. Enfin presque.. Nous avions, lors de notre precedent sejour en Thailande, visite la celebre Kao San Road, rue des "backpackers". Mais, ce fut a l'epoque une visite tres furtive qui ne nous avait alors pas donne toute la dimension de cette rue dont tous les routards parlent et vantent l'ambiance inegalable dans le reste des pays d'Asie du sud-est. Nous avons donc eu l'occasion de gouter et de "degouter" a la Kao San Road life.
Il faut dire qu'on denote un peu avec nos tee-shirts Decathlon, et notre air trop sage et pas assez "cool" ne nous aide pas a integrer la tribu des Backpackers reconnaissables a leurs tatouages, piercings, leurs dreadlocks et leur degaine d'hippies branches.


Ce quartier mis a part, on aime toujours autant Bangkok et c'est un "revival" que nous avons effectue ici en prenant le paisible bateau-bus, le sur-climatise metro, les vieux bus avec plancher en bois, et les tuk-tuk a la conduite effrayante. Nous avons retrouve egalement les nombreux et diversifies marches, de jour, de nuit, le marche des voleurs et les quartiers chauds de Patpong ou celui, plus calme, de Chinatown.  Nous avons pendant cette courte halte thailandaise prepare la suite du voyage, echangeant nos guides, completant nos sacs a dos et on s'est meme fait faire des cartes d'etudiants reputees
tres utiles en Australie notamment.. Pour info, nous sommes tous les deux thesards a la Sorbonne! On a failli faire faire, dans le meme temps, un permis de conduire a Basma, sa soeur et ma soeur, mais, la securite routiere francaise en aurait grandement pati..







 









Ps: les photos de Siem Reap- Angkor dans le repertoire Cambodge



Par Ju - Publié dans : Cambodge - Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Vendredi 12 mai 2006
Nous etions tous les deux tres impatients d'arriver au Cambodge. Marques par la lecture tres recente du Portail de Francois Bizot, ethnologue installe au Cambodge et qui fut prisonnier dans un camp khmer rouge, nous arrivions ici presque en pelerinage sur les traces de ce livre.
L'arrivee en bateau a la frontiere nous a tout de suite donne le ton. En effet, apres les formalites tres vite reglees, c'est un vrai petit cours que nous ont donne les douaniers, nous apprenant les formules de politesse en langue khmere. Ensuite, deux heures dans un mini-bus plus que confortable nous separaient de Phnom Penh. Deux heures a contempler le paysage magnifique de la campagne combodgienne: les maisons sur pilotis et leurs hamacs bercant les habitants en pleine sieste, les vendeurs trainant leur carrioles pleines de mangues abondantes en ce debut de saison des pluies, les pagodes recemment renovees, veritables bijoux dans cet ecrin verdoyant..  Et finalement, l'arrivee a Phnom Penh. La, nous sommes surpris par le modernisme de la ville: de grandes avenues ombragees, des centres commerciaux, des voitures plus nombreuses que les deux-roues, et un melange harmonieux entre des bars tres chics bordant le fleuve Tonle Sap et les petites gargottes vendant durians, pamplemousses et jus de sucre de canne..

Notre integration dans la ville a ete assuree par Sandrine et Sandrine avec qui nous voyageons depuis le Vietnam et qui nous guident dans Phnom Penh ou elles avaient sejourne l'an passe: les meilleures gargottes pour les lok-lak (boeuf saute citronne sur un lit de salade et tomates vertes accompagne de son traditionnel riz blanc), les meilleurs coins des marches pour acheter les kramas et les rues a ne pas manquer.
Phnom Penh est un lieu ou la richesse culturelle de l'art khmer est etincelante, notamment au sublime Palais Royal, au Musee national et dans les nombreux temples. Outre les temples, il subsiste de nombreuses maisons coloniales, parfois a l'abandon  et souvent decrepites. Fascinant melange ou l'on dine, travaille, et parfois dort dans les rues qui ne sont pas toutes goudronnees. On s est donc beaucoup plus ici, d'autant plus que la principale attraction reste le sourire de ses habitants. N'appelait-on pas ce pays, le Pays du Sourire..


La visite du S21, ancien camps de torture des Khmers rouges, est un moment tres poignant pour tout visiteur a Phnom penh. Cet ancien lycee, a ete laisse tel qu il etait lors de la fin du regime. Pas de reconstitution, mais des chiffres et des photos que les bourreaux prenaient meticuleusement de toutes leurs victimes, des cellules laissees a l'identique. Lieu tres digne, ou ne ressort aucune haine, uniquement la volonte de ne pas oublier.  Nous en sommes sortis bouleverses....

En suivant les indications de nos deux guides de charme parties pour la Thailande, nous consacrons une journee a la visite en velo de l'ile de la soie, petite ile a l'exterieure de la ville sur les bords du Mekong ou les quelques villages la peuplant se sont specialises dans le tissage des kramas, ces foulards que les cambodgiens arborent avec elegance. 5 heures 30 du matin, nous enfourchons nos velos en direction du bac. Nous pensions etre tres matinaux, mais  la ville est
deja eveillee depuis longtemps. Les rues grouillent de monde, les cambodgiens dejeunent deja dans les echoppes le long de la route et les vendeurs de viennoiserie nous font hesiter a faire une pause.



Mais nous voulons arriver sur l'ile avant la canicule qui se fait sentir des 10 heures du matin. Apres donc une heure de route nous empruntons un vieux rafiot qui fait office de bac. La, nous rencontrons Boti, un vieil homme venu a Phnom Penh pour s'approvisionner en riz et qui balbutie quelques phrases en francais appris durant le protectorat.



Sur l'ile, nous traversons des villages traditionnels, sans croiser un seul touriste, dans des paysages sublimes. Intrigues par la musique emanant d'une tente, nous nous approchons timidement quand deux khmers nous invitent tres chaleuresement a nous joindre a cette ceremonie: c'est un mariage! Nous partageons sans trop comprendre les fous rire de l'assemblee assistant au one-man show d'un animateur local visiblement tres efficace. Les rires redoublent lorsqu'il taquine les deux barongs (etrangers), assis au fond et un peu genes. Je crois que la taille de mon nez a, la encore, eu un effet comique consequent, mais c'est desormais une habitude en Asie du sud-est! La ceremonie se deroule ensuite dans la tradition khmere, avec, avant le traditionnel echange d'alliances, la depossession d'une meche de cheveux de chacun des nouveaux maries.


Juste avant qu'ils ne rajoutent deux couverts pour le repas, nous nous excusons aupres de nos hotes si chaleureux et accueillants. Mais ce que nous n'avions pas compris, c'est qu'ensuite ils avaient prevu de nous marier nous aussi... Nous essayons de leur faire comprendre que ce n'est pas possible, ils insistent et leurs sourires nous font presque hesiter... Au final, nous reprenons nos velos, sans avoir echange de meches de cheveux mais avec pour longtemps le souvenir de ce moment...

Nous continuons a explorer l'ile, tantot suivis par des enfants, tantot croisant des buffles regagnant la riviere pour se rafraichir: notre bonheur frise l'indecence.
Nous n'avions prevu de passer que deux jours a Phnom Penh, au final, on y a passe presque une semaine, a, en plus de visiter les incontournables lieux touristiques, harpenter ses rues, explorer ses nombreux marches, assister a des projections de films sur l'histoire du Cambodge et sur le fleau des mines anti-personnel, faire des siestes sur les bords de la riviere.

On a donc abandonne l'idee de visiter le sud du Cambodge pour se rendre directement a Siem Reap, la ville juxtant, les celebres temples d'Angkor.

Ps: les photos dans le repertoire Cambodge

Par Ju - Publié dans : Cambodge - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Dimanche 7 mai 2006

Un article pour faire un petit bilan de nos deux mois de voyage. Est-ce que ces deux mois nous ont permis de passer du statut de touriste a celui de voyageur? Pas vraiment. En fait, tant qu'on ne parle pas la langue il est difficile de sortir des routes balisees. Meme si, apprendre a dire ne serait-ce que "bonjour", "merci" et quelques phrases rudimentaires permet d'entrer en relation avec les personnes croisees. Neanmoins, ces personnes restent "les gens du tourisme". Avoir la pretention de vivre comme n'importe quel chinois, laotien, vietnamien ou cambodgien exige de rester plus longtemps dans le pays, de poser ses bagages, se debarrasser de ses a-prioris et normes culturelles, en somme, de faire fi de tout ce que l'on a appris pour entrer dans le nouveau personnage que l'on ambitionne d'etre. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas eu, durant ces deux mois, de moments d'echanges, de partages, d'emotions.. Bien au contraire. Mais, elles sont nombreuses les fois ou l'on a eu le gout amer de ceux qui recoivent plus qu'ils ne donnent.

Je pensais trouver en voyageant de vrais Voyageurs. Mais nombreux sont ceux qui se limitent a du tourisme inequitable: attitudes inexcusables tant elles sont honteuses vis a vis de la population locale, absence d'ouverture quand ce n'est pas un esprit colonialiste qui juge la culture du pays, irrespect des coutumes et cultes religieux, bref, bien des comportements qui ont demystifie l'idee que je me faisais du 'routard'. S'ils negocient, c'est par radinerie, s'ils sympathisent, c'est par vanterie, s'ils goutent, c'est par fanfaronnerie. Aussi, c'est une vraie competition que se livrent les voyageurs au long cours agrementee d'un concours de la photo la plus "authentique" prise parfois dans un manque total de pudeur quand ce n'est pas de l'indecence a l'egard de leurs involontaires modeles. Dans ce domaine, il n'y a pas de nationalite pire qu'une autre, pas d'age non plus et surement que nous aussi, nous avons eu, parfois peut etre souvent, un comportement intolerable.

Mais cela fait deux mois que nous nous interrogeons sur la meilleure maniere de voyager. Il existe des guides de tous les pays, mais aucun ne donne les bonnes pratiques du touriste-voyageur. Donner? C'est encourager! Un sourire vaut mieux que de l'argent! Mais, si j'etais la fille d'un de ces mutiles de guerre qui tient son pere par la main pour demander quelques pieces a des touristes confortablement attables autour d'un repas gargantuesque, je preferais un billet a un sourire..Il est tard, ils devraient etre au lit! Mais, se coucher tot pour aller a l'ecole plutot que de participer aux revenus de la famille c'est un luxe. Nous l'oublions souvent, nous, pour qui l'ecole est obligatoire. Il est vrai que certains parents abusent des frimousses attendrissantes de leurs enfants pour soutirer de l'argent a des occidentaux qui depensent en une soiree l'equivalent de ce qu'eux arrivent peniblement a amasser en un mois. Mais, que ferions-nous a leur place? Que savons-nous de leur vie pour leur donner des lecons de morale? Et quelle morale y a-t-il a preferer parfois payer a boire a une tres belle asiatique pour escompter terminer la nuit aupres d'elle plutot que de donner une piece a un mendiant repoussant? Il est, a mon sens, plus dangereux pour un pays de voir sa population feminine delaisser la gente masculine locale devenue trop "pauvre" a leurs yeux, pour rever, le temps d'un conges paye, dans les bras d'un occidental capable d'acheter la valorisation de sa virilite. Ils sont nombreux, dans tous ces pays, ces jeunes hommes que l'on a rencontres qui nous disaient froidement, les yeux pleins d'envie fixes sur une de leur consoeur: "No money, no honey". En occident, les biens que l'on consomme ont la vocation de nous mettre en valeur. Une belle maison, une belle voiture, une belle montre... Ici, les biens donnent la valeur de celui qui les possede. Ceux qui ont une mobylette ont toutes les chances de se marier. Les autres sont condamnes a rever en regardant les couples de voyageurs s'enlacer impudiquement.

Je n'ai pas la pretention de donner des lecons, meme si, je l'avoue, c'est mon style... Nous avons seulement voulu vous faire part de toutes ces interrogations qui nous tourmentent. Il est des moments forts dans ce voyage, poignants meme, qui vous mettent les larmes aux yeux et face a l'inequite de ce monde et notre impuissance a le changer. Meme dans les moments de rencontre avec des locaux parlant anglais ou francais, il est desarmant de croiser le regard de ceux dont la pauvrete a empeche d'avoir la chance de pouvoir parler avec nous et dont la dignite freine leur envie de nous aborder, nous, personnification d'un ailleurs meilleur...

Le Cambodge ou nous sommes actuellement se prete bien a cet article car il nous temoigne a chaque instant l'immense humanite de sa population. Un peuple, qui, il y a moins de trente ans, a connu les pires atrocites sans que cet Occident qu'ils accueillent aujourd'hui avec sourire et une profonde gentillesse n'intervienne dans ce qu'il caracterisait alors, selon ses normes, comme la revolte d'un peuple, alors qu'etait en train de se derouler un des pires genocides de la fin du siecle, decimant le quart de la population..


Par Bas - Publié dans : Cambodge - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander

Vendredi 5 mai 2006

En arrivant a Saigon (rebaptisee Ho Chi Minh city), on a tout de suite ete frappes par le contraste avec Hanoi. Ici, les publicites pour les produits des grandes marques internationales sont presque plus nombreuses que les photos de l'oncle Ho.Parfois, on se croirait meme a Bangkok tant cette ville est a la fois deluree et tolerante. Avec ses 8 millions d'habitants et 4 millions de scooters, Saigon est deux fois plus peuplee que la capitale vietnamienne. On a meme trouve a mon plus grand plaisir- gache par les tristes nouvelles - des journaux francais!

Sans perdre de temps, on a commence la visite de la ville par le musee des crimes de guerre americains - renomme War Memorial Museum pour ne plus heurter les touristes americains de passage -: passionant, emouvant et forcement tres partial...Toujours dans la meme thematique, nous avons eu, durant la visite des Tunnels de Cu Chi, la demonstration de l'ingeniosite et de la combativite des vietcongs durant la guerre. Ce vaste reseau souterrain nous a marque par son etendue et par les conditions de vie que ces camps retranches offraient aux combattants. Ces tunnels sont dimensionnes au gabarit des vietnamiens a tel point que les GI americains, ne pouvant pas y penetrer, ont fait venir des commandos mexicains pour essayer d'en deloger les combattants ennemis. En vain, de nombreux pieges et autres trappes bloquaient alors toute progression. Nous avons pu imaginer aisement la problematique americaine grace a Bernard, un francais faisant la visite avec nous et qui "a deja tout essaye et tout fait durant sa vie" ce qui justifiait sa capacite a reconnaitre toutes les armes exposees "qu'il a deja utilisees". Lui aussi a donc voulu essaye une cachette vietcong malgre les avertissements des vietnamiens sur le fait que ce n'etait pas prevu pour sa corpulence. Bernard est comme prevu reste bloque. Il a fallu qu'on s'y prenne a quatre pendant dix minutes pour le tirer vers le haut et l'en sortir en slip kangourou, son pantalon etant reste au fond du tunnel. L'image de la France au Vietnam a pris un sacre coup!

Nous avons pu neanmois  parcourir une petite partie de ces tunnels, reamenagee pour les touristes, non sans en ressortir tout de meme courbatures et en manque d'oxygene. 

Dans un tout autre registre, nous avons assiste a une ceremonie Caodai, religion fondee dans les annees 30 et melange de catholicisme, boudhisme et comfucianisme dont  l'un des trois saints les plus veneres n'est autre que ........Victor Hugo! Tres surprenant de voir Jesus Christ cotoyer Boudha et Confucius dans un decor digne d'Eurodisney. Cette religion compte tout de meme trois millions d'adeptes et un pouvoir economique non negligeable, possedant meme sa propre armee durant la guerre.

Saigon etant plus occidentale, le prix de l'hebergement est lui aussi plus proche des standards europeen. C'est donc non sans plaisir que nous avons opte pour un logement chez l'habitant, partageant un petit peu le quotidien d'une famille vietnamienne. Meme si la maison etait situee dans une ruelle particulierement peuplee de rats et de cafards, c'est peut etre la meilleure chambre que l'on ait eu au Vietnam.

La presence francaise a laisse des batiments superbes a Saigon, notamment la cathedrale et la poste centrale dont la verriere dessinee par Eiffel vaut a elle seule le deplacement. Pour notre part, nous etions aussi venus pour envoyer notre premier colis vers la France, nous allegeant de vetements qui se sont reveles inutiles et expediant quelques emplettes accumulees en deux mois.

J'ai bien sur freine les achats de Basma, mais pas assez...:-) On ne saura que dans trois mois si ce paquet contenant tout de meme nos premieres videos et photos est  arrive a bon port apres un long trajet en bateau.

Pour clore le parcours du Vietnam, nous avons opte pour une remontee en bateau du delta du Mekong afin de rejoindre Phnom Penh, la capitale cambodgienne. Ce delta constitue le grenier a riz du Vietnam. Ici, encore plus qu'ailleurs, l'eau est omnipresente. Ce ne sont pas des villages flottants que l'on a traverses, mais des villes flottantes! Tout est sur pilotis, et par d'ingenieux systemes, toujours au niveau du fleuve nourricier.

Aussi, le passage de frontiere s'est fait en bateau, accostant uniquement pour les longues formalites d'usage.

Ps: dernieres photo du Vietnam: A-Saigon et A-Delta du Mekong de maniere a ce qu'elles vous apparaissent en premier.


Par Ju - Publié dans : Vietnam - Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

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