Apres un mois et demi de voyage plutot urbain et montagneux, nous avons entame un parcours plus balneaire le long de la cote sud vietnamienne. Hoi An a ete le lieu de notre premiere baignade dans l'ocean Pacifique. Cette charmante petite ville a l'architecture heritee de l'ancienne presence chinoise, japonaise puis francaise, est plus frequentee par les touristes pour ses nombreux tailleurs et leurs collections de vetements sur-mesure que pour son centre historique classe par l'Unesco. Notre precedent voyage en Inde avec son lot d'achats impulsifs de costumes et tailleurs sur-mesure facon Kenzo dans l'ambiance du pays mais qui se sont reveles etre de veritables costumes de Bozo a la lumiere occidentale, nous a epargne de la frenesie frappant les visiteurs qui repartent de cette ville avec une complete garde-robe dans d'immenses sacs qu'ils peinent a porter. On a donc prefere harpenter la ville et l'ancien quartier francais ou l'on a pu visiter la maison de Monsieur Trong, professeur de mathematiques, qui, outre ses nombreuses anecdotes historiques et familiales, nous a fait part de sa devise: 'habiter francais, manger chinois et se marier avec une japonaise" (qui semble-t-il etaient reputees pour etre tres fideles meme en temps de guerre).
C'est sur le bord de mer, au "Cafe des amis" en compagnie des deux quebecois et des Sandrine, deux francaises voyageant durant 3 mois en Asie du sud-est et rencontrees au Laos, que nous avons termine la journee autour d'un delicieux repas sur fond de Brassens. Au menu, la specialite du patron: les "Roses blanches", des raviolis a la vapeur fourres d'une puree de crevettes et arroses d'une sauce au gingembre et un loup de mer cuit dans une feuille de bananier avec de la citronelle et des petits legumes. Un delice!
C'est un enieme bus de nuit inconfortable qui nous a conduit a Nha Trang. Epuises par le trajet, nous avons loue un transat sur la plage pour la journee. Ce n'est que le lendemain que nous avons visite en mobylette la " Nice de l"indochine francaise", son immense Boudha blanc et ses inmanquables tours Cham. Au coucher du soleil, comme tous les vietnamiens, nous sommes alles nous poser sur la plage.
Moment tres emouvant avec la rencontre de Hao, retraite de l'armee ayant passe 30 ans de sa vie a combattre. D'abord les colons francais, puis les americains, et enfin les khmers rouges durant 7 ans au Cambodge. Il souhaitait nous echanger son Da Vinci Code contre un roman pour perfectionner son francais deja parfait. Malheureusement, il a du nous quitter rapidement pour aller reparer des velos, son deuxieme emploi lui permettant de vivre avec sa femme dans cette ville ou les prix augmentent continuellement alors que sa pension militaire, elle, ne bouge pas: 520 000 dongs par mois auxquels s'ajoutent 40 000 dongs pour un eclat d'obus americain a la poitrine, et 40 000 dongs pour une balle francaise logee dans sa cuisse. Soit, au total, 30 euros par mois. Il nous a fallu un temps avant de rejoindre nos quatre amis pour diner et depenser, a six, dix euros pour un repas.
On attendait Mui Ne comme la terre promise. Cette station balneaire devait nous offrir un cadre somptueux et un panel d'activites excitantes: plongee, kyte-surf, planche a voile... L'arrivee dans notre petit bungalow a 5 dollars en face de la mer presageait d'un sejour idyllique dans ce decor de carte postale. En dix minutes nous avions deja enfile nos maillots, prets a decouvrir tous les tresors caches de cette immense plage deserte. Il y a des fois ou il vaut mieux ne pas savoir. Seul l'ignorant est heureux, et c'est ce que l'on a experimente. Les cinq kilometres de plage etaient jalonnes de detritus de toute sorte, de poissons morts rejetes par les pecheurs et de cadavres de chiens (on en a recense au moins trois). Pire encore, de cadavres de porcs!! Seuls les quelques metres devant les resorts etaient grossierement nettoyes. Aussi, c'est sans se baigner que l'on a reparcouru les cinq kilometres retour avec la hate de nous rafraichir sous la douche froide de l'hotel. Desenchantes, nous avons retrouve Julie et Marc-Andre qui l'etaient tout autant que nous mais pas pour les memes raisons. Ce n'est pas la bonne periode: pas de kyte-suyf, ni de planche a voile. Quant a la plongee, elle est inexistante dans cette ville. Les Sandrine qui, arrivees plus tard, s'impatientaient a l'idee de se baigner, ont ete vite demotivees a l'ecoute de nos recits. Exit les activites balneaires, nous nous sommes rabattus sur la visite des environs. Fabuleux! Un decor sorti de nulle part. Le canyon avec un rouge eclatant, les dunes de sables rouges d'ou on a pu admirer le coucher du soleil, et les plus impressionnantes dunes de sable blanc que l'on a devalees a plat ventre sur des morceaux de carton plastifies.
Dans ce pays ou l'eau est omnipresente et le vert des rizieres eclatant, il etait impensable de voir un paysage digne de ceux de ma chere Afrique du Nord!
C'est maintenant notre derniere etape au Vietnam: Saigon et le delta du Mekong que l'on rejoint en....................... bus!
Ps: Encore de nouvelles photos dans le repertoire Vietnam qui commencent, vous l'aurez compris, par Hoi An, Nha Trang et Mui Ne

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