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Mercredi 29 novembre 2006 3 29 /11 /Nov /2006 00:05

Julien profite de la derniere journee a Rio de Janeiro pour m'offrir mon cadeau d'anniversaire: un survol de Rio en deltaplane. Il est 8h30 du matin et nous attendons le moniteur cense venir nous chercher a l'auberge. Julien mange goulument son petit dejeuner tandis que je me contente d'un cafe au lait pour minimiser les risques de mal de l'air. Pour le moment, je n'ai pas peur et je suis surtout excitee a l'idee de voler au-dessus de cette sublime ville. 9h00, on sonne a la porte. Nous nous attendions a voir debarquer un sportif en short, tee-shirt, baskets, plutot decontracte et nous nous retrouvons en face de Pedro en costard, cravate a l'allure tres stricte. En fait, c'est notre chauffeur. Assis dans la voiture d'une proprete irreprochable, les yeux rives sur son badge de guide diplome de la Grande Ecole de Tourisme qu'il a consiencieusement accroche sur le tableau de bord, nous nous demandons quel genre de deltaplane nous attend. Nous arrivons a une plage, encore plus intrigues lorsqu'il nous demande de descendre. A peine sortis de la voiture qu'un jeune homme sourire eclatant au look sportif nous accueille. C'est Sebastiao, notre moniteur. Il nous emmene dans son buggy au point de depart du saut a 700 metres d'altitude.

 Pendant que nous grimpons sur une route tortueuse qui traverse la foret, Sebastiao pointe du doigt notre destination finale. C'est en voyant le sommet de cet immense rocher que le stress commence a m'envahir. Mais qu'est-ce que je fais la? En realite, j'avais lourdement evoque l'idee de faire du deltaplane depuis notre arrivee a Rio. Seduite par la photo d'un homme suspendu dans les airs au-dessus d'un decor idyllique, je n'avais pas pense a l'avant. Le deltaplane, ce n'est pas comme un avion dans lequel on embarque et puis, sans s'en rendre compte, on est deja a des milliers de pieds au-dessus du sol. Non, la, il va falloir courir et sauter dans le vide... 

Nous y sommes. Sebastiao nous laisse admirer le paysage pendant qu'il prepare le deltaplane. Julien, ne sautant pas, est ravi du spectacle, decontracte et se moque de ma nervosite encore plus grande depuis que je realise la hauteur de laquelle je vais devoir me lancer. Pour me distraire, parait-il, il me chante joyeux anniversaire.. Une planche en bois, plus large que longue, inclinee a 45 degres, semble etre....comment dire... la piste de decollage!

 

Oui, c'est cela. Je vois un homme, aussi stresse que moi, se concentrer sur la piste. Attache au deltaplane, il ecoute attentivement les dernieres consignes de son moniteur a sa droite. Un, deux, trois. Ils courent, se lancent et plongent dans le vide. Ce n'est que quelques secondes plus tard, ayant repris de l'altitude, que nous les distingons de nouveau. C'est a mon tour. Sebastiao me fait enfiler la combinaison et le casque et m'explique la procedure. C'est simple, tu poses ta main droite sur mon epaule droite, ta main gauche reste sur ton ventre et tu cours au meme rythme que moi. Ca a l'air simple. Je m'execute et j'ai meme droit a un "very good". J'attends la suite, mais il n'y en a pas. Quoi, c'est tout??? Je vais devoir me jeter dans le vide du haut de 700 metres avec, certes, Sebastiao a mes cotes, mais je n'ai droit qu'a un "tu ne t'arretes pas de courir et tu regardes droit devant toi"??!!! Ah non, ouf!! Il y a une simulation. Finalement, je dechante vite. On m'attache au deltaplane. Sebastiao est a ma droite, ma main sur son epaule, l'autre devant tenir une anse et on me donne les dernieres consignes de securite: maintenir la main gauche dans la anse, ne pas faire de mouvement brusque, ne surtout pas attraper la barre devant nous qui fait office de volant, maintenir la main gauche dans la anse, pas de gestes brusques, pas toucher la barre, pas de gestes brusques, pas toucher la barre.... C'est a nous, nous sommes sur le depart. J'ai quand meme droit a un "are you OK?". Oui, je crois. Et a un dernier " ne t'arrete pas de courir". Une pensee pour mes proches, et me voila au trot avec Sebastiao. Quelques pas de course et, ca y est, je vole!! Nous survolons Rio, la plage, la foret et la voie rapide. Les batiments ont une taille humaine, les hommes sont des fourmis et les voitures des insectes rampants glissant le long d'une ligne blanche. Nous prenons un  peu plus de hauteur et dominons, a present, les morros -collines. A droite, le Pao de Azucar ressemble a une confiserie servie sur un plateau entoure de buildings transformes en bougies, et sur notre gauche, le Christ Redempteur a repris une dimension d'homme. Nous approchons d'un autre morro plus haut et tout d'un coup, nous tombons, nous descendons, continuons de descendre...Ma main droite se crispe et agrippe fortement l'epaule de Sebastiao. Je me souviens: pas de geste brusque. Je relache la pression d'un cote pour serrer plus fortement la anse de ma main gauche. Ne pas toucher la barre. Sebastiao redresse la barre et nous volons de nouveau de maniere plus sereine. Are you OK? Heu...yes, yes..C'est un trou d'air, me dit-il avec son sourire ultra bright. Mais son sourire que je trouvais dynamique quelques minutes avant me semble maintenant suspect. Deuxieme trou d'air. On rafle la paroi d'un morro. Je suis au bord de l'evanouissement. Je pensais que le plus dur etait le decollage mais ces trous d'air sont encore plus flippants. Une pensee me traverse l'esprit: si Sebastiao a un malaise, comment je fais? Il n'y a pas de parachute de securite, pas de gilet de sauvetage sous le siege, pas d'issues de secours... Are you OK? Yes and you?? Yes, sure!!! Bon, c'est parfait, Sebastiao ne va perdre conscience. Ouf! Nous volons maintenant plus bas les nuages ayant pris possession des couches superieures. Je contemple les maisons huppees qui bordent la plage et qui sont toutes munies d'une piscine. Pas si loin, les favelas denotent avec ce luxe ostentatoire.

 

Nous sommes maintenant au-dessus de la mer et nous nous appretons a atterir pres de la plage. Sebastiao detache mes jambes jusque la accroches a l'arriere du deltaplane, il se redresse et abaisse d'un coup la barre. Nous accelerons. Le vent fouette mon visage, mon casque me tombe sur la nuque, mes yeux pleurent, et je vois defiler a toute allure la route, les voitures, les arbres. Mais on va trop vite...?!! Nous rasons le sol toujours a vive allure et puis Sebastiao commence a freiner, posent les pieds au sol et court. Voila, congratulations! C'est fini. Ces 45 minutes de vol auront ete finalement merveilleuses. 

 

La video de l'atterissage est longue, Sebastiao ayant oublie de l'eteindre. Les dernieres minutes n'interesseront que ceux qui veulent apprendre tout du demontage de deltaplane.

Ps: les photos sont dans le repertoire Bresil. Elles commencent par 0-deltaplane.


Par Bas - Publié dans : Bresil - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Lundi 20 novembre 2006 1 20 /11 /Nov /2006 00:44
Les bresiliens disent que le Christ surplombant Rio de Janeiro a les bras ecartes car il attend que les cariocas se mettent a travailler pour applaudir. Ce qui est sur, c'est qu'il regne dans cette ville une atmosphere propice au farniente et a la detente.
 
Avec  5 millions d'habitants, Rio n'est pas de ces villes qui fatiguent par une activite incessante, une population grouillante et un trafic routier bruyant. Loin de la, elle offre au contraire un cadre enchanteur. En effet, la ville est delimitee par de superbes baies au nord, a l'ouest et au sud, et surplombee, en son coeur, par les morros, ces collines aux falaises abruptes dont la plus haute abrite le fameux Christ qui semble nous surveiller ou que l'on soit. D'en bas, on a du mal a se rendre compte de cette architecture anarchique qui fait de Rio une ville comme aucune autre. Nous decidons donc, pour mieux apprehender notre nouveau lieu de villegiature, de grimper au sommet de l'incontournable Pao de Azucar - pain de sucre - a bord d'un telepherique vertigineux. Vertigineux, cela dit, pas plus qu'un autre telepherique. Mais, avec mon aisance mitigee dont Basma s'amuse, il me semble moins sur, plus mouvant, trop bonde, trop rapide, trop lent, trop saccade... 
Heureusement, la vue que nous avons du haut de ce morro vaut grandement le voyage. Nous decouvrons, d'un cote,  l'interminable plage de Copacabana au sable blanc qui fait l'angle avec celle d'Ipanema, et de l'autre, le port et les longues lignees de buildings. Nous sommes alors fascines par cette ville qui semble etre le lieu d'une concurrence effrenee entre  la nature et l'homme. Les morros jaillissent de sous-terre pour s'imiscer au coeur des centres-ville, les forets se disputent les flancs des collines avec les favelas, les superbes baies encerclent cette ville comme pour la capturer et l'air de la mer envahit chaque recoin de la capitale touristique.
 
Afin d'avoir le point de vue du cote oppose et surtout du sommet le plus haut, celui du Corcovado rendu celebre par le Christ Redempteur qui y siege, nous empruntons, cette fois, un petit train a cremaillere qui traverse la foret tropicale du parc naturel de Tijuaca. En haut, deux vertiges se confondent: celui provoque par la taille du Christ au-dessus de nos tetes et celui provenant de la vue qu'offre ce promontoir sur toute la baie. Le Pao de Azucar, d'ici, est majestueux. Il semble troner en roi sur la concentration de grattes-ciel qui l'entourent. Les bateaux, du haut de ces 700 metres d'altitude, ne se distinguent presque que par la trainee blanche qu'ils laissent derriere eux. Etrange sentiment de dominer la ville et d'etre domine par une presence mystique qui plane au-dessus de nous.
 
Finalement, ces expeditions nous aura tellement seduits par leur spectacle insolite que nous serons quelque peu decus par el Centro, le centre de Rio. Meme si ses eglises baroques et ses petites ruelles pavees nous rappelent le charme tout de meme inegale de Salvador de Bahia, rien ne retiendra notre attention. Les facades grisatres des immeubles et les hommes et femmes d'affaires s'affairant dans la rue pour dejeuner nous donnent l'impression que ce quartier a ete deserte par la bonne humeur et les couleurs qui illuminent les autres lieux de la ville. C'est avec soulagement que nous avons retrouve cette ambiance cariocaine dans le quartier de Santa Teresa. Le trajet dans l'antique tramway qui gravit la colline est anime par le chauffeur qui, entre deux arrets non conventionnels pour prendre des nouvelles de ses voisins, s'improvise guide touristique pour montrer aux quelques-uns d'entre nous munis de leur appareil photos les sites importants.
C'est ainsi que nous nous arretons dix bonne minutes en plein milieu d'une cote abrupte pour contempler le stade Maracana largement commente par  notre nouveau guide. Santa Teresa est par excellence le quartier des artistes. Les murs peints, les vetements colores mi-bohemes mi-fashion de ses habitants et les terrasses des cafes decorees  font de ce lieu un  veritable musee a ciel ouvert. Mais le coeur de Rio demeure surtout ses plages.
 
Nous logeons a 200 metres de celle d'Ipanema et non loin de celle de Copacabana. La plage est peut etre un des endroits les plus animes de la ville. Le carioca y vient avant, apres et meme parfois pendant le travail. Plus qu'un immense solarium sur sable blanc et berce par le bruit des vagues, c'est d'abord un veritable restaurant en plein air. En effet, allonges sur une chaise pliante que tout bon carioca se doit de louer pour profiter amplement du lieu, nous voyons defiler sous nos yeux une gastronomie tres variee. Du vendeur ambulant proposant des brochettes de crevettes, a celui, muni de son barbecue portatif, faisant griller, a la demande, des  brochettes de fromage grille, en passant par les vendeurs de sandwichs plus classiques ou ceux, plus originaux, deguises en touareg qui preparent des kebabs, le plagiste ne se risque pas a souffrir de faim. Quant a sa soif, outre les buvettes disposees tout le long de l'esplanade, il peut, a loisir, choisir d'etancher sa soif avec une caipirinha ou un autre des cocktails proposes par les specialistes en la matiere qui sillonnent la plage un shaker a la main.
La plage de Rio est aussi un vaste terrain de sport. Bien sur, il y a la traditionnelle activite extenuante du bronzage. Pour cette derniere, il faut s'armer de patience, de la susmentionnee chaise pliante, d'une creme solaire ou d'un pot de creme maison a base de coco et d'un maillot de bain le plus petit possible. De 7 a 77 ans et de la taille 34 au 54, toutes les femmes sont en string ou tanga. En revanche, le top-less (seins nus) ne se pratique pas, est mal venu et surtout tres mal vu car, dans l'esprit cariocain, il rappelle l'esclavage. Pour le reste, il n'y a aucune pudeur et surtout aucun complexe a avoir. Ainsi, il n'est pas rare de voir, a cote de cet etalage de fesses rebondies, parfois musclees, souvent capitonnees mais rarement flasques, un groupe d'hommes aux muscles saillants faisant leur cinquantieme serie de pompes. Personne, sauf nous, n'est interpelle par cet antagonisme.
 
D'un cote, il existe un culte du corps tel que des appareils de musculation et d'entretien physique sont en libre-acces sur la plage, et, dans le meme temps, il ressort un refus flagrant des canons de beaute vehicules par les medias qui s'exprime librement sur la plage publique et impudiquement dans ces minuscules morceaux de tissus tailles, semble-t-il, dans le but de laisser la voie libre aux formes bannies....
Dans un autre registre, les nombreux  terrains de volley ou de football ne font ni discrimation d'age ni discrimation de niveau. Tout le monde peut s'adonner librement au sport qui lui convient. Pour n'en citer que quelques-uns, il y a une declinaison du volley qui ne se joue qu'avec les pieds, la tete ou la poitrine - epatant -, le foot de plage, le velo, la marche rapide, la course a pied et  le surf. C'est a Copacabana que les vagues sont les plus impressionnantes et, par consequent, que les surfeurs et les bodyborders offrent a tous les plagistes qui paradent le long de la mer un spectacle digne des meilleurs spots australiens.
Bref, vous l'aurez compris, les cariocas sont tres tolerants et ont pour unique preoccupation de profiter de la vie. Il n'est pas un pays et surtout une ville ou nous avons ressenti une telle joie de vivre comme a Rio. Dans cette enorme megalopole, il est encore plus surprenant de voir comment le contact social se fait naturellement avec une spontaneite et une authenticite capables de faire fondre la froideur des europeens les plus austeres.  Dans le bus pour debattre de l'arret le plus optimal pour se rendre a un endroit, dans le supermarche pour promulguer des conseils sur le choix des legumes, a la plage pour partager un moment de detente, dans la rue pour conseiller un restaurant, devant les bars pour lier connaissance autour d'un verre et - plus deroutant - devant une echoppe vendant des tongs pour indiquer une boutique meilleur marche (et ce devant le vendeur non vexe!!), les bresiliens ne ratent pas une occasion pour initier le dialogue. Ils sont tellement friands de contact social que beaucoup, refusant d'accepter la barriere linguistique qui nous separe, se lanceront dans de longues tirades auxquelles nous ne pourrons malheureusement repondre que par deux sourires mi-amuses mi desoles. Par ailleurs, pour ce peuple fraternel, le contact physique est de mise: on se touche pour ponctuer une discussion, pour s'excuser, pour plaisanter ou tout simplement pour etre bien ensemble. 
 
Tolerance de l'autre quel que soit son physique ou sa couleur de peau, sociabilite, bien etre, chaleur humaine, Rio semble, dit comme ca, etre un endroit idyllique. Cependant les inegalites sociales existent et sont criantes. A cote d'une population qui consomme tout ce qu'on lui propose, des gamins sillonnent la plage un enorme sac sur l'epaule pour collecter toutes les cannettes vides. Celles-ci se revendent environ un euro le kilo dans cette ville aux prix quasiment francais. Contrairement a la pauvrete argentine qui cache les apparences pour ne pas susciter la pitie dans ce pays a la fierte exacerbee, celle bresilienne est plus impudique, plus extravertie: des sans-abris dorment devant les banques en plein jour, des filles enceintes exhibent leur ventre rond, de jeunes garcons attendent devant les magasins de vetements bon marche pour demander qu'on leur achete un short ou un sweat.... La pauvrete se revele tel qu'elle est, aux yeux de tous, dans le centre-ville, a la plage ou dans les favelas.
 
Les favelas justement. Nous avons longuement hesite avant de nous decider a visiter une favela. Ces zones sensibles sont impossible a parcourir non accompagne d'un de ses habitants ou d'un guide, formule tres decriee. D'une part, le clan des scandalises arguent que ces quartiers n'ont rien de touristiques et qu'il est indecent d'y aller comme on va au zoo, tandis que les partisans expliquent, pour leur part, qu'une majeure partie de l'argent reverse par les visiteurs est utilisee pour la construction de centres sociaux. Finalement, nous nous decidons a nous faire notre propre idee sur la question. Le parcours est mene par une jeune bresilienne tres dynamique, issue des quartiers bourgeois, qui, sans miserabilisme mais de maniere tres pedagogique, nous fait decouvrir une de ces zones de non-droit. L'histoire des favelas, les regles internes, les mesures politiques prises, l'evolution de ces habitations, elle nous expliquera tout. On apprend ainsi que ces constructions anarchiques sont d'abord non officielles. Aucun de ses habitants n'a de titre de propriete. En fait, le systeme est tres simple: n'importe qui peut, lorsqu'il a repere un endroit qui lui convient, construire une habitation. Ainsi, la favela Rocinha que l'on visite comptait initialement une seule maison. Aujourd'hui, il n'est pas possible de savoir combien de maisons et d'habitants y vivent avec exactitude, mais on estime a 350 000 la population de Rocinha. Faute d'espace, les nouveaux arrivants achetent le toit de ceux deja installes et construisent leur habitat au-dessus de celui de leur vendeur. Les maisons comptent par consequent un, deux, trois, et jusqu'a 5 etages.
Neanmoins, ces dernieres annees, les superpositions trop importantes de constructions ont entraine l'effondrement de certaines d'entre elles. Heureusement, ces accidents n'ont, jusque la, cause aucun mort. Par ailleurs, comme ces habitations sont absentes de toutes les cartographies officielles, le raccordement a l'electricite et a l'eau se fait illegalement grace a un systeme artisanal apparemment tres efficace.
En realite, ces quartiers - on en recense environ 800 dans l'agglomeration de Rio - sont tres auto-suffisants. Ainsi, de meme que pour la construction des maisons, n'importe qui peut ouvrir un magasin, une boulangerie, un bar ou tout autre type de commerce pour peu qu'il dispose d'un local donnant sur une voie de passage, les ecoliers, eux, se retrouvent dans des appartements amenages pour suivre les cours donnes par les benevoles, les artistes louent des locaux pour creer et exposer leurs oeuvres, et les ecoles de samba s'installent dans des entrepots desaffectes... Tout ce qui se trouve a l'interieur de la favela est communautaire. On n'y retrouve aucune representation etatique. Meme les services de la poste s'arretent a l'entree de Rocinha, dans le centre municipal ferme converti en centre social qui fait office de boite aux lettres pour les 350 000 habitants.
 
D'ailleurs, ceux-la meme ne sont inscrits sur aucun registre de l'etat. Ni declares, ni recenses cette population fantome est officiellement visible uniquement par les services qu'elle offre aux autres tranches de la societe bresilienne. En effet, si les favelas poussent tres souvent sur le flanc des collines a proximite des centres-ville et des beaux quartiers, c'est tout simplement parce qu'elle en constitue la principale main d'oeuvre comme serveur, eboueur, concierge, vigile, plongeur, caissier.... Cette situation geographique satisfait surtout les employeurs  a qui incombent l'integralite des frais de transports de leurs employes.
 
L'un des problemes majeures des favelas en particulier et de toutes les formes de ghettos en general est l'absence de modele social pour la jeunesse qui y grandit. Aucun jeune ne veut avoir la meme vie que celle qui a conduit ses parents a s'exiler dans ces zones, mais aucun, non plus ne sait rellement a quel autre "mieux" aspirer et comment l'atteindre. Alors, comme ailleurs dans le monde, ces jeunes bresiliens des favelas veulent, pour les garcons, devenir footballeur professionnel et pour les filles, mannequin, actrice ou chanteuse. En attendant que leur reve de gloire se realise, ils sont fiers que ces gringos viennent visiter chez eux le vrai Rio.  Ils demandent qu'on les prenne en photo pour initier un debut de celebrite et ils posent sourire eclatant et yeux vifs avec, a chaque fois, une reconnaissance troublante pour ceux d'entre nous qui ont repondu a leur demande.
 
Pour ceux qui s'attendaient durant ce tour a palper d'un peu plus pres la violence, c'est tout le contraire, la promenade dans Rocinha nous aura procure une veritable bouffee de sympathie. Alors, d'ou vient cette reputation sulfureuse qu'ont les favelas? Essentiellement de la guerre que se livre les 3 principaux gangs pour controler le trafic de drogue. Contrairement aux domaines de l'habitat ou du commerce classique, il y a des regles strictes a suivre pour beneficier de la "securite" du gang: celui qui vend de la drogue a un enfant est condamne a une mort certaine et sa consommation a l'interieur du quartier est proscrite. Le jeune gamin, poste a l'entree du quartier que nous visitons, deux calibres au ceinturon nous prouvera que tout ceci n'est pas du cinema. Les statistiques sont d'ailleurs alarmantes et placent le Bresil et Rio en particulier parmi les plus importants taux de criminallite. Neanmoins, le tourisme en patit peu car ce chiffre resulte en grande partie des luttes entre les differents gangs ou avec la police.
 
Aussi, il est surprenant de constater que dans une ville reputee aussi dangeureuse que Rio, l'entree de l'enorme stade provisoire monte sur la plage de Copacabana specialement pour la coupe du monde de Beach Soccer est gratuite et non controlee. Problemes de securite? Pas du tout. A l'interieur, l'ambiance est tres bon enfant. Dans ce sport qui combine les deux domaines d'excellence du Bresil, l'equipe nationale sort du lot.  Malgre nos encouragements et ceux de Cantona pour l'equipe de France, elle perdra en quart de final face a l'Uruguay et a un public bresilien qui attendait impatiemment la defaite francaise...
Cela etant, pas du tout rancuniers vis-a-vis du public footbalistique bresilien peu enclin a faire part d'honnete intellectuelle et de discernement, nous sommes alles assister a une rencontre Botafogo-Fluminense, deux equipes rivales de Rio, dans une enceinte en ebullition. Le plus grand stade du monde, le Maracana, impressionne par sa taille mais surtout par l'atmosphere qui y regne quand 100 000 personnes dansent la samba au rythme des percussions qui encouragent les equipes. Chose etonnante  le stade au deux tiers plein, la partie inferieure fermee pour travaux mise a part, se remplit completement a la mi-temps, moment a partir duquel l'entree est gratuite.
 
 
 
Enfin, notre exploration de Rio nous conduit  a la peripherie. Nous traversons la baie dans un ferry bonde pour rejoindre Niteroi. C'est ici que se trouve le musee d'Art moderne dessine par Niemeyer. Ce celebre architecte bresilien a ete le principal concepteur de Brasilia, la jeune capitale du pays et est connu en France surtout pour avoir dessine le plan du siege du parti communiste, place du colonel Fabien a Paris. L'edifice que nous decouvrons nous fascine. Cette vaste soucope volante fait face a Rio. La pente du batiment est parallele a celle du Pain de Sucre et son pied semble flotter au-dessus de la mer.
 
 
Nous quittons Rio demain soir apres avoir passe ici beaucoup plus de temps que prevu, envoutes par cette ville, ce pays et peut etre un peu contamines par cette joie de vivre. Notre arrivee ici avait ete marque par les 29 ans de Basma celebres dans l'euphorie ambiante de la reelection de Lula. Notre depart est lui emprunt de l'excitation de retrouver notre ami Mathias, qui va nous accompagner pour nos 3 ultimes semaines de voyage au Mexique. Comme vous l'aurez compris, faute de temps, nous n'irons pas au Costa-Rica, Panama et Guatemala.
 
PS. De nouvelles photos dans le repertoire Bresil.
 

Par Ju et Bas - Publié dans : Bresil - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires

Jeudi 9 novembre 2006 4 09 /11 /Nov /2006 21:19

Avant meme d'arriver en territoire bresilien, on nous avait avertis: il ne faut pas rater Salvador de Bahia. Plus encore, on nous avait avises de planifier d'y etre un mardi ou un dimanche. Docilement, nous avons donc pris un vol de Rio pour Salvador le mardi suivant. Il est 20h00 quand nous debarquons a Bahia, comme on l'appelle ici, nos dos courbes par le poids de nos sacs lourdement charges de nos affaires d'hiver. Car le Bresil c'est "Chaleuurrr!!!". Il ne fait pas moins de 30 degres. Nous avons troque nos chaussures de randonnee pour les fameuses tongs Havaianas et nos polaires pour nos tee-shirts respirants.

Dans nos esprits fantasmes par les images des reportages televises, le Bresil etait synonyme de carnaval, danseuses en petites tenues, musique, ... Tres vite, nous prenons la veritable mesure de cette passion nationale. En effet, alors meme que nous finissons de nous installer dans l'auberge conseillee par notre ami Loic, nous sommes interpelles par le son des tambours d'une troupe musicale. Nous passons la tete par la fenetre et c'est un spectacle incroyable qui s'offre a nos yeux: un cortege mene par des percussions aux couleurs de l'Afrique se meut de maniere totalement synchronisee telle la troupe de danseurs de Kamel Ouali (desolee, ce sont mes references...:-)) . Ce n'est pas une dizaine de fetards deja bien alcoolises qui s'est donnee pour mission de convertir tous les passants aux saints rythmes de la Samba, c'est toute la ville qui a envahi les rues du Pelourinho pour s'adonner a la traditionnelle fete hebdomadaire.

 

Les jeunes filles remuent leurs tresses, les mamas bougent les fesses, les experimentes menent la danse, les novices rentrent en transe. Nous n'hesitons plus une seconde et  nous melons a cette foule joyeuse contagieuse qui nous entraine dans le labyrinthe des ruelles de Bahia. C'est, a chaque fois, le meme rituel: notre groupe de joyeux lurons proselytes rompt la tranquilite des habitants interloques par cette foule en delire. Il suffit alors de quelques minutes, trois pas chasses et un dehanchement pour que ces derniers abandonnent repas ou magasin pour, a leur tour, convertis par le Saint de la fete, rejoindre le groupe des illumines. Ibiza peut aller se coucher, c'est a Salvador de Bahia que le mot fete prend tout son sens. Si chaque soir de la semaine est rythme par des concerts de Bossa Nova ou de percussions, de demonstrations de Capoeira et des soirees RN'B, c'est le mardi que la grand messe musicale a lieu.

 

 

Salvador de Bahia est aussi et surtout la ville de tous les saints. Avec ses presque 200 eglises au style colonial et aux facades decrepites, elle seduit tout de suite.

 

Sa population, en grande partie afro-bresilienne, contraste avec les cariocas (habitants de Rio) plus metisses. C'est Bahia qui nous donne cette charge emotionnelle, visuelle et auditive qui fait prendre conscience a tous nos sens que nous sommes au Bresil. La grande place du Pelourinho est le haut-lieu de l'initiation au folklore bahianais: les mamas, dans leurs amples robes blanches, penchees au-dessus de gros fourneaux concoctent les plats typiques de la ville: accras de morues, bolinhos - sorte de beignets - de bacalhau, de poissons ou de fromage, fondue de celeri a l'huile de palme ou dende, puree de farine de poisson..etc.. tandis que les travestis en short moulant et debardeur decouvrant leur nombril se proposent de tresser les chevelures europeennes, argentines ou cariocaines.

Partout ailleurs, des bahianais munis de leur couteau et entoures de noix de coco approvisionnent les passants assoiffes en jus de coco natural - pur- ou gelado - glace-. Neanmoins, comme partout ailleurs au Bresil, la pauvrete y est aussi tres visible. C'est surtout la volonte avec laquelle chacun essaie de la combattre qu'on retient. Du jeune garcon de 6 ans aux yeux rieurs et a la chevelure sauvage qui jongle avec des noix de coco si lourdes au regard de l'effort effectue par ses bras menus pour achever avec succes son numero, a la mere-adolescente qui vend des colliers de perles d'acai, sans oublier les jeunes garcons transpirant a grosses gouttes durant leur exhibition de capoeira, tous essaient de trouver dans le seul heritage qu'ils ont recu le moyen de subvenir a leurs besoins.

Bahia, par son histoire, n'a, en effet, pas toujours ete cette ville souriante que toute le monde evoque avec douceur et les yeux encore brillants. Elle etait la capitale de la region ou tous les esclaves travaillaient dans les champs de canne a sucre. Ainsi, la cuisine bahianaise, si differente de ce que l'on trouve dans le reste du pays, remonte à l'epoque de l'esclavage, quand les maitres mettaient de cote les restes pour les donner aux esclaves. Puisant dans leurs origines africaines, les femmes y ont alors ajoute du lait de coco ou de l'huile de palme - dende - et les poissons, crevettes ou palourdes apportes par ceux qui avaient la permission de pecher. De la meme maniere, Bahia a conserve dans son architecture et sa population les traces de son passe. Les ruelles decouvrent des facades colorees rongees par le temps, des murs d'azulejos - faience peinte a la main souvent de couleur bleu - rappellent la presence portugaise, des eglises baroques tres chargees temoignent d'une splendeur passee, le tout dans une harmonie evidente.

Dans ce decor un peu use, il serait facile de se laisser entrainer dans la melancolie qui accompagne la materialisation du temps qui passe. Bien au contraire, le sourire et la bonne humeur des bahianais nous plongent dans une felicite ahurie. Meme le circuit que l'on fera en petit train ultra touristique pour decouvrir les autres quartiers de la ville, qui, en un autre lieu, nous aurait rebute, a ete l'occasion d'un grand fou rire grace, notamment, au chauffeur-guide qui oscillait entre une rigueur professionnelle froide et une spontaneite et un naturel reussissant a decrocher des sourires aux passants croises sur notre chemin et les eclats de rire de tous les passagers du train.

Le soleil, en cette saison de pluies, ne se resigne pas, lui non plus, a deserter ne serait-ce qu'un jour les plages de Bahia. C'est, cette fois, en compagnie des locaux que nous embarquons dans la lancha - petit bateau- qui nous emmene sur l'ile d'Itaparica. A dix minutes de la cote, une bande d'enfants qui guettait, accrochee au phare, l'arrivee des embarcations, plonge dans l'eau, s'accroche aux pneus entourant le bateau et se laisse entrainer jusqu'a l'embarcadere.

Sable blanc, cocotiers, gargottes, grandes tablees de familles en plein dejeuner peuplent la cote. Le seul bemol: la mer, tres polluee par la proximite de la megalopole, ne nous convaint pas d'y tremper ne serait-ce qu'un orteil. Neanmoins, on passera la journee a observer les bahianais se prelasser au soleil et danser en maillots de bain au rythme des musiques crachees par les baffes installees a l'arriere des voitures ou des magnetophones que chaque restaurant se doit d'avoir.

Les cinq jours passes a Salvador de Bahia auront ete magiques et l'on gardera, pour longtemps, le gout des moqueta de peixe - bouillabaisse de poisson - cuisines au dende, l'image de ces sourires chaleureux, et le rythme de ces sons qui ont berce, durant quelques nuits, nos coeurs nostalgiques en mal du pays et des proches.

Ps: Les photos de Salvador dans le repertoire Bresil. Elles commencent par 2-. On a egalement rajoute dans l'article precedent un film tourne aux chutes d'Iguazu.

 

Par Bas - Publié dans : Bresil - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Dimanche 5 novembre 2006 7 05 /11 /Nov /2006 10:03

Pas d'article pour notre etape aux chutes d'Iguazu situees a la frontiere argentino-bresilienne. Endroit magique que nous avons decouvert attristes par une bien mauvaise nouvelle venue de France...

On vous laisse neanmoins regarder les photos dans le repertoire Bresil et la video suivante:

 



Par Ju et Bas - Publié dans : Bresil - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Dimanche 29 octobre 2006 7 29 /10 /Oct /2006 22:08

Nous debarquons a Buenos Aires excites de decouvrir cette ville tentaculaire avec, en plus, la satisfaction de retrouver une chaleur estivale apres nos trois semaines patagoniennes. Tres vite, Buenos Aires nous rappelle Paris: de grandes avenues bordees d´immeubles quasi haussmanniens et une population en perpetuel mouvement dans l`immensite de cette ville pas toujours tres souriante aux premier abord. Et pourtant, comme sa soeur europeenne, elle a un charme fou.

Le centre ville se concentre autour de la Plaza de Mayo rendue celebre par "les folles de mai". Ces meres de famille tournent autour de la place une fois par semaine depuis plus de 25 ans en brandissant le portrait de leurs fils ou maris disparus pendant les annees noires de la dictature argentine. Il est touchant d'en voir certaines tres agees peinant a se deplacer, les yeux encore plein d'emotion, mais determinees a obtenir la verite sur la disparition de leurs progenitures ou epoux. En revanche, nous serons un peu etonnes de constater deux mouvements differents defilant resolument distinctement avec stands de vente de tee-shirts opposes.

Cette scission, probablement due a des recuperations politiques differentes decredibilisent malheureusement quelque peu le mouvement. Nous n'arriverons a assouvir notre curiosite ni d'un cote, ni de l'autre, le sujet semblant plutot tabou. Les rues adjacentes a la Plaza de Mayo sont tres commercantes et souvent pietonnes, l'ensemble de la circulation se faisant sur l'avenue 9 de Julio qui serait la plus large du monde. En tout cas, la traverser entierement en une seule fois ne se reussit qu'en courant.

C'est le long de ce boulevard que se trouve le Teatro Colon. Ce theatre a ete construit au debut du siecle sur le modele de l'opera Garnier. Son opulence et sa taille temoignent de la richesse passee de Buenos Aires. La visite de l'interieur nous permet de voir la salle de representation somme toute plutot classique. Ce sont plutot les sous-sols qui nous fascinent. En plus de l'enchevetrement des salles de repetition au style delicieusement desue, nous parcourons la coordonnerie et ses milliers de chaussures, la salle des costumes et celle des decors et nous decouvrons les machineries presentes sous la scene.

En sortant du theatre, nous nous laissons guider par le son enchanteur d'un opera a capela pour finir dans la cafeteria de ce dernier. En effet, c'est la serveuse qui, entre deux prises de commande, eclabousse les clients de son talent. Intrigues par cette femme et epoustoufles par la puissance de sa voix nous restons longuement a l'ecouter. Elle nous explique, ensuite, que, comme la plupart des artistes qui se produisent ici, elle doit effectuer un second emploi pour vivre.

Le charme de Buenos Aires provient aussi et surtout de la diversite de ses quartiers. La Boca est historiquement le "barrio" populaire ou les artistes se sont installes et ou le tango serait ne. Le Caminito, la rue principale, est effectivement tres belle mais ne contient plus que des magasins souvenirs. Il faut s'eloigner un peu pour pouvoir admirer tranquillement toutes les maisons multicolores initialement construites de bric et de broc.

La principale fierte de La Boca reste Boca Junior, le club de foot local. La Bombonera, le stade mythique, trone au centre du quartier et la plupart des murs et des maisons environnantes sont aux couleurs du club. L'idole, plus encore ici que dans le reste de l'Argentine, est Maradona. Il est l´idole des habitants surtout pour son passe au sein de l'equipe de Boca Junior, et on trouve des graffitis de soutien a l'ex-heros national dans tout le quartier. L'autre icone populaire est Che Guevara. Le natif de Rosario est lui aussi tres present sur les murs et les drapeaux de manifestation meme si il est finalement tres peu reste en Argentine et est mort en Bolivie dans la quasi indifference.

Palermo et la Recoleta sont les zones huppees de la capitale argentine. Les immeubles sont souvent Art-Deco et quelques batiments coloniaux subsistent a la Recoleta. C'est aussi ici que se concentrent les principales institutions culturelles du pays. Nous visitons le MALBA, musee flambant neuf dedie exclusivement a l'art d'Amerique latine: on y trouve quelques Botero, des Diego Rivera et Frida Khalo mais essentiellement des oeuvres d'argentins. Le musee des Bellas Artes contient, pour sa part, surtout des tableaux europeens de Goya a Picasso grace au mecenat de riches familles. Ces dernieres, d'ailleurs, se font enterrer au cimetiere de la Recoleta. La, les caveaux rivalisent par leur taille et leur ornement. L'endroit le plus fleuri reste tout de meme la tombe d'Eva Peron.

La femme du president argentin des annees 50, peut-etre le premier a avoir entrepris une politique sociale, reste dans le coeur des argentins. On a meme croise des jeunes avec des tatouages a son effigie. Issue d'une famille modeste, elle a toujours ete proche de la population jusqu'a sa mort precoce suite  a une leucemie. Le fait qu'elle puisse etre incarnee a l'ecran par Madonna qui, en plus de ne pas etre argentine n'a pas les memes moeurs que la defunte Evita, a fait un tollee.

Enfin, le quartier de San Telmo est peut-etre le plus vivant pour la jeunesse de Buenos Aires. Il concentre beaucoup de restaurants ou nous nous regalons de ces enormes morceaux de viande de boeuf argentine. La feria - marche du dimanche - est impressionnante de creativite. L'art est dans la rue. Nous sommes stupefaits par l'inventivite, dans la plupart des stands, de cet immense rassemblement hebdomadaire. Inventivite dans la mode ou les frippes deviennent branchees, dans l'artisanat-souvenir qui est etonnament reellement artisanal et original et dans la gastronomie avec un panel de sandwichs  bio. La musique est omnipresente et les antiques pianos envahissent la rue. Nous nous attardons, bien sur, devant les danseurs de tango. Les protagonistes, d'une extreme vulgarite vestimentaire avant d'entamer la danse, se revelent, ensuite, incroyablement elegants des qu'ils debutent l'exercice.

Quand le tango ne se prostitue pas le temps d'une photo-souvenir, chapeau sur la tete et pose exagerement sexy, par les proxenetes deguises, il est alors enivrant, envoutant et touchant. Cette "pensee triste qui se danse" se pratiquait a l'origine exclusiment par et entre hommes. Les immigres europeens, loin de leur famille, avait trouve dans le tango une maniere d'exterioriser leur mal du pays et de la famille. Aujourd'hui, il ne se danse ou s'ecoute, outre dans le cabarets facon Moulin-Rouge, que dans les petites milongas ou se retrouvent les melancoliques, nostalgiques et amoureux de la poesie chantee et dansee. En effet, le tango n'est pas uniquement une danse mais aussi et surtout des Letras. Ces paroles, dont les grands classiques sont connus de tous les argentins, sont recitees, chantees et debattues sur l'interpretation a avoir avec passion. 

Le temps d'assister au tournage d'une publicite pour l'Oreal et nous prenons notre bus en direction des chutes d'Iguazu a la frontiere bresilienne...

PS: De nouvelles photos dans le repertoire Argentine. Elles commecent par 1


Par Ju - Publié dans : Argentine - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires

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