
Itinéraire d’enfants
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L amerique du sud par loic.
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Passage France Info.
Nous debarquons a Buenos Aires excites de decouvrir cette ville tentaculaire avec, en plus, la satisfaction de retrouver une chaleur estivale apres nos trois semaines patagoniennes. Tres vite, Buenos Aires nous rappelle Paris: de grandes avenues bordees d´immeubles quasi haussmanniens et une population en perpetuel mouvement dans l`immensite de cette ville pas toujours tres souriante aux premier abord. Et pourtant, comme sa soeur europeenne, elle a un charme fou.
Le centre ville se concentre autour de la Plaza de Mayo rendue celebre par "les folles de mai". Ces meres de famille tournent autour de la place une fois par semaine depuis plus de 25 ans en brandissant le portrait de leurs fils ou maris disparus pendant les annees noires de la dictature argentine. Il est touchant d'en voir certaines tres agees peinant a se deplacer, les yeux encore plein d'emotion, mais determinees a obtenir la verite sur la disparition de leurs progenitures ou epoux. En revanche, nous serons un peu etonnes de constater deux mouvements differents defilant resolument distinctement avec stands de vente de tee-shirts opposes.
Cette scission, probablement due a des recuperations politiques differentes decredibilisent malheureusement quelque peu le mouvement. Nous n'arriverons a assouvir notre curiosite ni d'un cote, ni de l'autre, le sujet semblant plutot tabou. Les rues adjacentes a la Plaza de Mayo sont tres commercantes et souvent pietonnes, l'ensemble de la circulation se faisant sur l'avenue 9 de Julio qui serait la plus large du monde. En tout cas, la traverser entierement en une seule fois ne se reussit qu'en courant.
C'est le long de ce boulevard que se trouve le Teatro Colon. Ce theatre a ete construit au debut du siecle sur le modele de l'opera Garnier. Son opulence et sa taille temoignent de la richesse passee de Buenos Aires. La visite de l'interieur nous permet de voir la salle de representation somme toute plutot classique. Ce sont plutot les sous-sols qui nous fascinent. En plus de l'enchevetrement des salles de repetition au style delicieusement desue, nous parcourons la coordonnerie et ses milliers de chaussures, la salle des costumes et celle des decors et nous decouvrons les machineries presentes sous la scene.
En sortant du theatre, nous nous laissons guider par le son enchanteur d'un opera a capela pour finir dans la cafeteria de ce dernier. En effet, c'est la serveuse qui, entre deux prises de commande, eclabousse les clients de son talent. Intrigues par cette femme et epoustoufles par la puissance de sa voix nous restons longuement a l'ecouter. Elle nous explique, ensuite, que, comme la plupart des artistes qui se produisent ici, elle doit effectuer un second emploi pour vivre.
Le charme de Buenos Aires provient aussi et surtout de la diversite de ses quartiers. La Boca est historiquement le "barrio" populaire ou les artistes se sont installes et ou le tango serait ne. Le Caminito, la rue principale, est effectivement tres belle mais ne contient plus que des magasins souvenirs. Il faut s'eloigner un peu pour pouvoir admirer tranquillement toutes les maisons multicolores initialement construites de bric et de broc.
La principale fierte de La Boca reste Boca Junior, le club de foot local. La Bombonera, le stade mythique, trone au centre du quartier et la plupart des murs et des maisons environnantes sont aux couleurs du club. L'idole, plus encore ici que dans le reste de l'Argentine, est Maradona. Il est l´idole des habitants surtout pour son passe au sein de l'equipe de Boca Junior, et on trouve des graffitis de soutien a l'ex-heros national dans tout le quartier. L'autre icone populaire est Che Guevara. Le natif de Rosario est lui aussi tres present sur les murs et les drapeaux de manifestation meme si il est finalement tres peu reste en Argentine et est mort en Bolivie dans la quasi indifference.
Palermo et la Recoleta sont les zones huppees de la capitale argentine. Les immeubles sont souvent Art-Deco et quelques batiments coloniaux subsistent a la Recoleta. C'est aussi ici que se concentrent les principales institutions culturelles du pays. Nous visitons le MALBA, musee flambant neuf dedie exclusivement a l'art d'Amerique latine: on y trouve quelques Botero, des Diego Rivera et Frida Khalo mais essentiellement des oeuvres d'argentins. Le musee des Bellas Artes contient, pour sa part, surtout des tableaux europeens de Goya a Picasso grace au mecenat de riches familles. Ces dernieres, d'ailleurs, se font enterrer au cimetiere de la Recoleta. La, les caveaux rivalisent par leur taille et leur ornement. L'endroit le plus fleuri reste tout de meme la tombe d'Eva Peron.
La femme du president argentin des annees 50, peut-etre le premier a avoir entrepris une politique sociale, reste dans le coeur des argentins. On a meme croise des jeunes avec des tatouages a son effigie. Issue d'une famille modeste, elle a toujours ete proche de la population jusqu'a sa mort precoce suite a une leucemie. Le fait qu'elle puisse etre incarnee a l'ecran par Madonna qui, en plus de ne pas etre argentine n'a pas les memes moeurs que la defunte Evita, a fait un tollee.
Enfin, le quartier de San Telmo est peut-etre le plus vivant pour la jeunesse de Buenos Aires. Il concentre beaucoup de restaurants ou nous nous regalons de ces enormes morceaux de viande de boeuf argentine. La feria - marche du dimanche - est impressionnante de creativite. L'art est dans la rue. Nous sommes stupefaits par l'inventivite, dans la plupart des stands, de cet immense rassemblement hebdomadaire. Inventivite dans la mode ou les frippes deviennent branchees, dans l'artisanat-souvenir qui est etonnament reellement artisanal et original et dans la gastronomie avec un panel de sandwichs bio. La musique est omnipresente et les antiques pianos envahissent la rue. Nous nous attardons, bien sur, devant les danseurs de tango. Les protagonistes, d'une extreme vulgarite vestimentaire avant d'entamer la danse, se revelent, ensuite, incroyablement elegants des qu'ils debutent l'exercice.
Quand le tango ne se prostitue pas le temps d'une photo-souvenir, chapeau sur la tete et pose exagerement sexy, par les proxenetes deguises, il est alors enivrant, envoutant et touchant. Cette "pensee triste qui se danse" se pratiquait a l'origine exclusiment par et entre hommes. Les immigres europeens, loin de leur famille, avait trouve dans le tango une maniere d'exterioriser leur mal du pays et de la famille. Aujourd'hui, il ne se danse ou s'ecoute, outre dans le cabarets facon Moulin-Rouge, que dans les petites milongas ou se retrouvent les melancoliques, nostalgiques et amoureux de la poesie chantee et dansee. En effet, le tango n'est pas uniquement une danse mais aussi et surtout des Letras. Ces paroles, dont les grands classiques sont connus de tous les argentins, sont recitees, chantees et debattues sur l'interpretation a avoir avec passion.
Le temps d'assister au tournage d'une publicite pour l'Oreal et nous prenons notre bus en direction des chutes d'Iguazu a la frontiere bresilienne...
PS: De nouvelles photos dans le repertoire Argentine. Elles commecent par 1
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