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Australie


Jeudi 13 juillet 2006

Sydney, premiere ville australienne de par sa population - 4 millions d'habitants - est atteinte 3500 km et 35000 coups de coeur plus tard. On l'apercoit au loin, derriere une foret verdoyante, on voit pointer ses caracteristiques buildings. Apres une halte a 15 km de ce pole economique pour une demi-journee de rangement, de nettoyage du van et une nuit a regarder le dernier match de la France avant la finale, on rend ce qui fut durant 14 jours notre lieu de vie et mode de deplacement - notre cher Water Holes - avant de partir a la decouverte de notre derniere etape australienne a pied. Le temps est clement et bien que ce soit l'hiver ici, il fait pas moins de 20 degres.

Comme le reste de ce pays, Sydney nous enchantera et nous montrera encore un autre visage de l'Australie. Celui de la ville d'affaire cosmopolite ou les cols-blancs sont black-blanc-beur-jaune, celui de la ville amicale ou le chauffeur de bus pris precemment vous salue quand il vous croise de nouveau dans la rue, celui de la ville solidaire ou les vieilles grecques en tenue traditionnelle se font aider par leurs concitoyennes australiennes pour descendre les escaliers ou traverser, celui de la ville tolerante ou les filles voilees quittent le college avant de reprendre leur job d'etudiante au Mac Donald et ou les elegantes indiennes en punjabi tiennent des boutiques de luxe, enfin, celui de la ville fashion ou les italiens, cheveux gomines, lunettes de soleil et costumes parfaitement tailles, dictent la tendance vestimentaire a suivre.

La restauration de Sydney est a l'image de sa population. On trouve des sushis a des prix encore plus bas que ceux de leurs modeles japonais, des pates italiennes qui n'ont rien a envier a leur consoeurs romaines, des boulangeries francaises qui ont ete pour nous nos madeleines de Proust le temps d'un gouter, des restaurants indiens aux odeurs des epices du Rajasthan, et une cuisine australienne etonnante de raffinement. Tout ici cohabite en parfaite harmonie. Les nombreux parcs verts et l'incontournable Jardin Botanique se partagent la ville avec les immenses buildings des grandes enseignes internationales.

L'architecture moderne se melange a celle des maisons et magasins qui ont conserve le style des premiers settlers anglais et irlandais. Le quartier des Rocks qui regroupent tous ces batiments du 19eme siecle est un joyau dans l'ecrin que represente Sydney.

Enfin, surplombant la baie, l'inedit coquillage qui a longtemps du sa renommee au gouffre financier que sa construction a engendre: l'opera de Sydney. Majestueux. Unique. On l'admirera de tous les points de vue. C'est du haut de l'Harbour Bridge, le pont qui relie les deux rives de la ville, que nous aurons le plus beau panorama sur cette magnifique baie.  

Mais il faut deja partir, quitter cette ville ensorcelante ou l'on se serait bien poses a la fin de notre Tour du Monde si elle n'etait pas si eloignee de nos meres-patrie...Avant le depart, une matinee au musee d'art contemporain en pleine biennale de Sydney declinera en videos et en photos les zones de contact de toutes sortes: zone de guerre, zone de cessez-le-feu, zone de danger, zone interdite, zone de non-droit.... et zone de transit. Ca tombe bien, un avion pour Christchurch en Nouvelle-Zelande nous attend.

PS: Quelques photos de Sydney dans le repertoire Australie.


Par Bas - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander

Vendredi 7 juillet 2006

Nous quittons Cairns pour entamer notre descente vers le le sud, le long de la cote est, un peu apeures par la distance qui nous separe de Sydney - 2500 km - ou l'on doit rendre notre van dans moins de dix jours.

Notre premiere halte se fera au Billabong Sanctuary car nous ne pouvons nous resoudre a quitter l'Australie sans avoir vu de crocodiles. Plus un parc ecologique qu'un zoo, Billabong Sanctuary rassemble les principales especes animales du pays. Basma pose avec un koala et nous retrouvons des animaux apercus ou croises lors de nos precedentes randonnees mais en beaucoup moins farouches: kangourous, emu - les autruches australiennes -, dingos, faucons...etc.

Mais c'est pour eux que nous sommes venus et nous ne sommes pas decus. Impassibles, parfois difficile a distinguer meme s'ils sont a deux metres, ils semblent surveiller en permanence toute proie potentielle. Les crocodiles d'eau salee sont enormes et peuvent atteindre une dizaine de metre de long! Nous sommes d'autant plus conscients du danger qu'ils representent dans le nord de l'Australie apres les anecdotes entendues a leur sujet a Cairns. Par exemple, recemment, deux freres sirotant des bieres - visiblement un peu trop - un dimanche en fin d'apres-midi le long d'une riviere ont vite dechante quand l'un deux a ete happe par l'un de ces monstres. L'autre, peut-etre engaillardi par l'alcool, saute sur le crocodile pour le ceinturer et tenter de liberer son frere et compagnon de beuverie. Apres des debattements a trois, la situation est identique mais inversee. Le sauveteur se retrouve pris dans la bouche de la bete, la proie initiale tentant de sauver son propre sauveur. Au final, les deux reussiront a s'echapper et finiront a l'hopital pour panser leurs plaies.. Un peu sceptiques quant a la veracite de ces combats avec crocodiles, nous avons eu la confirmation que le ceinturage de croco etait une activite plutot repandue quand nous avons lu dans la rubrique Faits Divers du journal local l'histoire d'une femme de 65 ans qui a sauve son mari de la meme maniere.

Notre deuxieme etape nous conduit a Airlie Beach. D'ici, apres un reveil aux aurores pour regarder France-Espagne dans un fast-food ouvert toute la nuit, nous embarquons tout sourire et sentant la friture dans un bateau a destination des Whitsundays Island. Cet archipel forme un parc national et offre de superbes plages et de nombreuses possibilites de plongee. Malgre le froid, nous nagerons parmi une faune sous-marine la encore incroyable avant de marcher le long de Whiteheaven beach reputee pour etre la plus belle baie d'Australie.

Nous continuons notre route pour arriver a Hervey Bay. Nous avons d'emblee une impression bizarre dans cette ville cotiere, plutot deserte, a l'ambiance tunning et grosse cylindree. Comme chaque soir, nous cherchons un endroit plutot a l'abri des regards - dormir en ville en dehors des campings payant est normalement interdit mais peu reprimande - mais ou d'autres vans ou camping-cars stationnent deja. Notre recherche s'avere plus que laborieuse. Nous trouvons finalement un parking le long de la cote ou visiblement un autre van s'est installe. La nuit sera difficile... Vers 3h00 du matin, apres un balai pendant pres d'une heure d'une voiture, moteur vrombissant, musique a fond et pneus crissant sur l'asphalte, le bruit s'arrete. Nous entendons des voix de plus en plus distinctement jusqu'a ce que notre vehicule soit violemment la cible de ce que l'on suppose etre des coups de pieds. Basma m'ordonne de ne pas bouger. Je m'execute presque sans broncher. Une fois la voiture partie, je me glisse a l'avant de notre maison ambulante, constatant qu'on est desormais les seuls sur l'aire de stationnement deserte, afin d'aller terminer notre nuit gares dans un quartier residentiel.

Nous embarquons le lendemain dans un ferry a destination de Fraser Island. La plus grande ile de sable au monde - 100 km de long sur 15 km de large - en contient, parait-il plus que le desert du Sahara. Pas de routes ici, seuls les vehicules 4*4 peuvent se deplacer. Nous nous installons donc a bord d'un bus touristique sureleve et specialement concu pour ne pas s'embourber. Apres une traversee de la foret tropical, patinant et derapant dans de petits chemins, nous atteignons l'immense plage face a l'ocean. Une epave git, et d'ici nous pouvons observer les baleines en pleine migration. A chaque souffle accompagne de son immense geyser d'eau, c'est nopus qui retenons notre respiration. Le spectacle est epoustouflant et l'on a du mal a se resoudre a repartir. Au retour, nous nous arretons au bord d'un des multiples lacs d'eau douce de l'ile pour une baignade salvatrice, la cote etant ici impraticable a cause des requins blancs et des multiples meduses veneneuses.

Nouvel arret a Noosa, le Monaco australien. L'endroit est superbe mais beaucoup trop luxueux pour notre budget. Nous ne nous y attardons pas, profitant de ce spot de surf pour une baignade dans ces vagues parfaites.

Dernier stop avant Sydney: Byron Bay, paradis du surf. En ville, de 7 a 77 ans, on se ballade en combinaison la planche sous le bras. Les australiens d'ici semblent tous sortis de magazines tant ils sont bronzes et carres. Neanmoins, ils font taire toute critique teintee de jalousie par une vraie sympathie et un devouement pour faire decouvrir a qui le veut les richesses de leur lieu de villegiature. Nous nous decidons a faire une petite sortie en kayak des mers avec, parait-il, des chances d'apercevoir des dauphins. Nous pagayons en scrutant tout mouvement suspect pour finalement apercevoir un aileron au loin. Un peu decus, nous continuons notre ballade peu convaincus. Tout a coup, des cris derniers nous. Ils sont la! Six dauphins venus jouer a proximite des kayaks! Nous sommes emerveilles et Basma se risque, un peu stressee que l'on se renverse de nouveau avec la houle, a sortir l'appareil photo du sac impermeable pour prendre rapidement quelques cliches.

Byron Bay etant repute pour avoir une faune sous-marine tres dense mais inaccessible avec masque et tuba, nous nous decidons pour une nouvelle plongee. L'ambiance est militaire, l'accent avec lequel les instructions sont donnees incomprehensible. On embarque, un peu perdus et nous demandant ce qui nous a pris de nous engager la-dedans par ce froid, sur un bateau nous conduisant au recif de "Julian Rocks" . Une fois dans l'eau, nous suivons le caporal qui nous fait office de guide. Nous sommes tout de suite dans le ton. Basma me pince, elle vient d'apercevoir un requin. Nous en verrons par la suite des dizaines, des wobbegongs, tapis sur le sol, les dents sortis.

Tres impressionnants mais rien compare au grey nurse de 2 a 3 metres de long au deplacement caracteristique. Nous en denombrerons 8. La plongee sera courte, au bout de 25 minutes il est deja temps de remonter car je suis arrive a la limite minimale d'air. Une grande partie de mon air aura ete consommee quand le caporal nous a demande de nous stabiliser derriere un rocher pour observer de pres un mastodonte de 3 metres. Basma et notre guide bien caches, je me suis, pour ma part, retrouve beaucoup trop haut ayant du mal a controler ma flottabilite. Cache juste derriere mon stress, je patauge a 2 metres du requin. Mes respirations saccadees auront eu raison de notre temps de plongee.

Au final, Basma se fait mordre.... par un petit poisson de 20 cm derange par sa main se raccrochant a un rocher pour lutter contre le courant. On remonte, et devant notre effarement et excitation, le caporal nous explique que les deux especes presentes ici sont innoffensives pour l'homme. Le seul risque est de se faire mordre si on les heurte et qu'ils interpretent cela comme une attaque.

Apres 3 jours enchanteurs passes a Byron Bay, nous entamons les 800 derniers kilometres qui nous separent de Sydney ou nous allons certainement changer encore de decor pour decouvrir la plus grande ville australienne.

Ps: de nouvelles photos dans le repertoire Australie. Elles commencent par Cote-est. Pour ce qui est des photos ci-dessus des requins, vous vous doutez qu'elles ne sont pas de nous. Elles sont issues du site du lieu de notre plongee: http://www.julianrocks.net/


Par Ju - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander

Lundi 3 juillet 2006

Nous laissons les paysages rouges et ocres de l'outback pour nous envoler vers Cairns. Le survol de cette ville nous donne tout de suite le ton de notre prochain sejour: vert de la foret humide -Rainforest- et bleu de l'ocean pacifique. Les fermes eparses du bush australien ont laisse place a une succession de petits pavillons avec piscine sur le front de mer. Depaysement total, on a l'impression d'etre dans un autre pays.

Pour la premiere fois depuis le debut de notre voyage on est attendus a l'aeroport par des regards amicaux autres que ceux des rabatteurs d'hotels, tours operateurs ou taxis vereux. Ceux de Oualid, ami d'enfance que l'on avait deja revu a Hong-Kong. Il est accompagne de Mickael, un autre francais venu tenter l'aventure australienne. Excitation des retrouvailles, on se raconte, on se repete, on s'etonne de se retrouver la, on ne s'ecoute pas assez, on rit a l'exces. Dans une ambiance mi-Auberge espagnole, mi-Melrose Place, on reprend contact avec la vie urbaine et Julien avec les matchs de la coupe du monde. Oualid est installe dans une share-house (colocation) accueillant des working holiday de tous pays avec piscine, cable, tele dans chaque chambre et terasse amenagee pour les repas festifs.

C'est ici que l'on passera majoritairement nos soirees, durant une semaine, entoures de finlandais, estoniens, suedois, roumains, francais, roumains et australiens. L'autre partie de nos soirees se passera dans une ambiance plus calme mais non moins agreable dans le luxueux appartement de Redah - un autre ami d'enfance- et Claire. Quant a nos nuits, nous dormirons dans notre nouveau van -Water Holes - aux couleurs aborigenes.

Parenthese enchantee. Notre sejour a Cairns sera, pour nous, l'occasion de decouvrir durant deux jours, en compagnie de Oualid, la region de Tableland au coeur de la foret tropicale. Halte dans la ville huppee de Port Douglas pour un barbecue au bord de la mer et une soiree a partager nos blues, nos enchantements et bien sur les derniers potins. Nous reprenons la route le lendemain et delaissons les paysages cotiers pour rentrer dans les terres. Devant nous defile une etendue de collines pastorales ou paissent d'innombrables vaches. On est sujuguee par la diversite des paysages australiens. On est passe du decor de Sheriff fais moi peur dans l'outback a celui de Berverly Hills a Cairns et maintenant on se retrouve dans les collines d'Heidi. Au-dessus de nous, un helicoptere attire notre attention. Oualid repond a nos interrogations: c'est le fermier qui surveille son troupeau...Seance photo-milka avant de nous enfoncer dans la foret.

Un circuit de 17 km nous permet de faire le tour des plus belles cascades de la region. A chaque arret, nos yeux s'emerveillent un peu plus et les mots nous font defaut pour qualifier le spectacle.

Silencieux, nous entreprenons une marche dans la Rainforest au milieu d'arbres de plus de 30 metres de haut pour rejoindre le lac Eacham. C'est ici que nous verrons nos premiers tortues d'eau douce. Coquines, elles daigneront sortir la tete de l'eau pour poser devant nos objectifs impatients.

De retour a Cairns, nous changeons de guide pour visiter la ville accompagnes cette fois de Redah et Claire.

Cairns est par excellence la ville des backpackers. Tout est organise autour et a destination de cette population. Autour du lagon artificiel construit pour contenter les baigneurs frustres de ne pas trouver de plage a moins de 40 km, s'etalent en maillots de bain, la jeunesse aventureuse de tous pays.

Beaucoup sont ici pour un an, dotes de leur visa de travail temporaire -Working holiday - et du minimum requis de 3000 dollars australiens. La majorite constitue une main d'oeuvre bon marche, docile, embauchee et debauchee selon les fluctuations de la courbe de frequentation touristique. L'argent durement gagne - sur 8 voire 10 heures de travail quotidiens une seule pause de 10 minutes - sera depense dans les diverses activites qu'offrent la multitude d'agences de voyage qui peuple les rues les plus frequentees de la ville: saut en parachute, plongee, tour en helicoptere, croisiere... il y en a pour tous les gouts mais pas forcement pour tous les budgets...

Bizarrement, les depliants publicitaires qui vantent ces loisirs mettent tous en avant le meme avantage concurrentiel: entreprise detenue a 100% par des australiens, ou personnel 100% australien. Pourtant, aucun sentiment de xenophobie ne transparait. Bien au contraire, l'accueil est exemplaire. Il faut se plonger dans l'histoire australienne et en particulier celle de la politique d'immigration pour apprehender cette dualite. L'Australie est le plus mauvais eleve en terme de respect des conventions internationales d'accueil des refugies demandant l'asile politique. Les 4000 refugies politiques qui reussissent a atteindre les cotes australiennes chaque annee sont parques dans des prisons au fin fond de l'outback - hors de vue des australiens - pour une duree illimitee. Detenus sans avoir commis aucun crime si ce n'est celui de fuir le regime dicatorial de leur pays, hommes, femmes et enfants se retrouvent condamnes a une detention obligatoire, attendant parfois des annees avant d'etre renvoyes dans leur pays d'origine. Pour les chanceux dont la demande a ete acceptee, un visa de 3 ans leur est alloue au terme duquel ils sont souvent renvoyes chez eux. Pendant ces 3 ans, ils n'ont droit a aucune aide gouvernementale, ni pour les soins medicaux, ni pour la recherche d'emploi ou d'hebergement.

Le working holiday est donc l'une des rares manieres d'immigrer facilement mais temporairement en Australie. Il faut pour cela avoir entre 18 et 30 ans, etre issu d'un pays eligible - la France l'est depuis 2004- et avoir 3000 dollars australiens en banque. Ce visa ne donne en revanche pas la possibilite de travailler plus de 3 mois chez le meme employeur et si l'on souhaite le renouveler il faut justifier d'au moins 3 mois de travail dans le fruit-picking (recoltes de fruits et legumes) et bien entendu de ne pas "prendre la place d'un australien".

Malgre cela, l'Australie reste un pays qui attire et fascine notamment pour sa faune et flore a faire rever les amoureux de la nature et a seduire les plus refractaires. Notre plongee au-dessus de la Grande Barriere de Corail a ete un moment autrement magique. Hormis les coraux encore multicolores malgre la forte frequentation touristique, on a eu le plaisir de nager entoures de poissons majestueux, d'enormes raies manta et d'impressionnantes tortues. A notre grand regret nous n'avons pas vu de requins. Neanmoins, la nature est tellement presente partout que l'on a vite ete consoles. La promenade matinale sur l'esplanade de Cairns nous a offert un spectacle insolite. A quelques pas du centre-ville, des arbres peuples de chauve-souris endormies bordent un marecage ou se sont installes un groupe de pelicans et autres oiseaux maritimes.

Au-dela de toutes ces decouvertes, Cairns a ete egalement une veritable parenthese culinaire. On a ete chouchoutes par nos hotes. Apres 14 jours de repas de campeurs dans l'outback, on a goute a la cuisine appliquee de Oualid, on a savoure le repas digne d'un grand restaurant de Mickael -ex-chef cuisinier au Grand Hotel a Nancy - , et on a grandement apprecie la delicieuse cuisine maison de Claire.

C'est donc avec du baume au coeur, les yeux humides et l'impression de revivre, a une autre echelle bien sur, notre depart de France que l'on a quitte Cairns apres un dernier cafe avec notre adorable Oualid.

PS: De nouvelles photos dans le repertoire Australie mais malheureusement pas de photos de plongee..


Par Bas - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Vendredi 23 juin 2006

Nous voici désormais dans le centre rouge de l'Australie. Nos craintes etaient justifiées, il fait très froid et les nuits dans le van sont un peu difficiles….Mais cela ne nous décourage pas et la petite semaine passée ici a essentiellement été consacrée a de la randonnée.

Randonnée au parc national d’Uluru d'abord. Peut-être le plus célèbre d'Australie grâce à Ayers Rock, cet immense monolithe de plus de 300 mètres au dessus de la plaine. L’impression est intense et peut être indélébile et les variations de couleurs passant du gris terne au lever du soleil au rouge éclatant au crépuscule le rende presque irréel.
L’ascension au sommet, même si elle est autorisée, est déconseillée par respect pour ce lieu de culte Aborigène. Nous nous contenterons d’en faire le tour à pied, qui fait tout de même 12 km et d’en faire l’observation de tous les points de vue possibles. A cote de la star, les Olgas, moins connues mais non moins impressionnante forment un ensemble de dunes de roche rouge et offrent de nombreuses possibilités de marche.

 

     








Randonnée au Kings Canyon ensuite. Enorme gorge au fond de laquelle pousse une flore tropicale, le tout dans un panorama d'un vieux film de Sergio Leone. Malheureusement, nous n’avons pas croise Clint Eastwood, pourtant tous les autochtones portent ici son chapeau...:-)

Randonnée au Mac Donell Range enfin. Succession de Canyon a l’ouest d'Alice Springs, beaucoup moins touristique, mais permettant des marches plus sportives dans des paysages différents des précédents : un peu plus montagneux et beaucoup moins arides. 

Mise a part nos activités pédestres, on commence à avoir un niveau honorable, au milieu de tous ces experts du camping que sont les australiens. On sait repérer toutes les aires de camping gratuites, celles ou l'on peut s’immiscer discrètement le temps d’une douche, et tous les lieux ou l’on peut se ravitailler en eau potable. Les sorties nocturnes etant ici plutôt réduites au néant, on s'est vite cales sur un rythme solaire : lever 6h30, coucher rarement après 21h00…

Si au niveau camping "on gere", j'ai, en revanche, encore quelques progrès à faire en terme de conduite dans le "bush". Pour le moment, on compte a mon actif deux ensablements. Pour le premier, un père de famille réveillé par les vrombissements du moteur et nous voyant en difficulté, les roues motrices arrières du van patinant et ayant creuse deux sillons, s'est propose de nous sortir de ce pétrin. De sa démarche volontaire transpirait le sens du devoir: aider son concitoyen ! Et c'est presque avec joie qu’il a sortie du fond du coffre de son énorme 4*4 une sangle encore dans son emballage d’origine qu’il a déroulé avec le geste professionnel qu’aurait eu un pompier. Il faut dire que pour l'événement toute la famille était présente: l'épouse et les deux enfants s'étaient egalement réveillés pour assister au sauvetage, leurs yeux pas complètement ouverts, mais déjà plein d'admiration pour le savoir-faire du père. L'épouse perplexe et ironique nous demande : « Mais vous n’avez pas de sable en France ? »... Une fois la sangle arrimée sur les deux véhicules, vient le temps des explications sur la procédure à suivre. Je ne comprends pas grand-chose, juste que je dois accélérer des qu’il me fait signe. Le 4*4 démarre, avance et la sangle se tend, se tend toujours mais rien ne se passe. Le signe, j’accélère donc, et le van fait alors un bond qui me semble bien sur énorme! L atterrissage est un peu violent, mais nous voici sortis d'affaire et je comprends alors ce que notre ami a voulu dire lors de l'expose de la marche à suivre : que la sangle était come un gros élastique et que cela risquait de secouer un peu…

Le deuxième enlisage a été un peu moins homérique. Apres un demi-tour peut être un peu hasardeux, oubliant que les roues motrices étaient a l'arrière, nous nous sommes retrouvés en posture plutôt ridicule l'arrière du van coincé dans le petit fossé du bas-coté. Quatre jeunes s’arrêtent pour nous prêter main forte. Quelques manœuvres plus tard et nous voici de nouveau sur le bitume.

Apres donc 4385 km à bord de Wonder Woman, et environ 250 km parcourus, chaussés de nos fideles chaussures de randonnées, nous quittons les territoires du nord de l'Australie  pour rejoindre Cairns en avion ou nous attend, la encore, un van pour ralier Sydney le long de la cote est. Nous laissons derrière nous les terres peuplées essentiellement de fermiers et d'aborigènes pour rejoindre la cote des surfeurs et des grandes villes. On va aussi retrouver avec grand plaisir Walid et Ridah, amis d'enfance de Basma que l'on avait revus à Hong Kong. 


 Ps: les photos dans le repertoire Australie avec un titre Centre Rouge.


Par Ju - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander

Samedi 17 juin 2006

C'est avec un pincement au coeur que l'on a cloture notre periple en Asie du sud-est. Panoramas epoustouflants, moments de grande emotion, frise de visages souriants, patchwork d'histoires personnelles heureuses, tragiques, determinees ou desenchantees. Nous quittons cette partie du monde la tete retentissante de sons melodieux et frissonante de sensations, le coeur charge d'images et la peau goutant encore le parfum d'Asie.

Une toute autre experience nous attend: l'Australie. Etrange Australie... Etrange, est certainement le mot que l'on a le plus employe, repete, use depuis notre arrivee.

Etrange pays ou l'on s'assure, a votre arrivee, que vous n'apportez  aucun element vegetal ou animal. Dans la zone de quarantaine, apres la douane, des policiers passent au laser l'integralite de nos bagages pour detecter toute trace de nourritures, objets en bois, plantes sechees ...etc.. Il nous faut meme preciser dans le questionnaire fourni a l'entree si l'on transporte des chaussures de randonnees portant encore de la terre sur les semelles.

Etrange aeroport-dortoir ou les passagers arrivant tard dans la nuit, s'allongent tout naturellement sur la moquette kitchissime de l'aeroport pour terminer ou plutot commencer leur nuit. C'est d'ailleurs ce que l'on a fait, sans complexe, a la vue de ces dizaines de dormeurs, en arrivant a 4h00 du matin a Darwin. Policiers, douaniers, passagers des vols interieurs, aucun ne semble preter attention a la transformation du hall d'aeroport en immense dortoir.

C'est etrange, mais c'est dans ce pays developpe que l'on a eu notre plus grande galere. Non qu'elle ait ete plus importante que les precedentes, bien au contraire, mais elle fut la plus difficile a resoudre. Nous arrivions durant ce que l'on pensait etre la basse saison. Aussi, des 9h00 du matin, l'appel a la compagnie de location de camping-car que nous avions selectionnee nous a destabilise quelque peu lorsqu'elle nous a annonce qu'il n'y avait plus aucun vehicule disponible. Les six autres compagnies que l'on tentera donneront le meme verdict. En Asie du sud-est, il y aurait eu une solution. Notre air attriste, embarrasse aurait conduit notre interlocuteur a nous proposer une autre solution, peut etre plus chere, peut etre differente, mais le dialogue aurait ete possible. Ici, la sentence coupe court a toute discussion. Nous sommes desoles, au revoir!

Depites, nous rejoignons le "centre ville" pour trouver une auberge de jeunesse. La encore, nous redoublons de malchance et apres avoir essuye plusieurs refus, les auberges affichant complet, nous nous sommes finalement echoues dans un providentiel dortoir dans lequel l'odeur d'un tas de chaussettes sales, des 5 paires de baskets gisant sur le sol et des restes de repas delicatement poses sur le rebord de la fenetre et sous les lits rendaient l'occupation de la chambre plus de 10 minutes d'affile impossible. C'est tout de meme dans cette atmosphere nauseabonde que nous passerons la nuit. Le lendemain, la planification du budget de notre sejour australien au vu du prix des transports et auberges de jeunesse nous convaincra definitivement  qu'il nous faut etre motorises et campeurs. Finalement, nous parvenons, en changeant  les dates de notre prochain vol, a trouver un van pour 14 jours.

C'est a bord de Wonder Woman que nous allons, par consequent, parcourir les 1500 kilometres qui nous separent d'Alice Springs et du Centre Rouge. Grand nettoyage, ravitaillement en essence, eau et nourriture et nous prenons la route!

Premier arret: le parc national de Kakadu. Dans cet immense parc, nous passerons 4 jours a faire de nombreuses randonnees, visiter des sites d'art rupestre aborigene et bien entendu a camper. L'Australie est le pays du camping par excellence. Zones de camping gratuites equipees en eau, toilettes et meme parfois des barbecues a gaz et des plaques electriques foisonnent dans tout le pays et font de ce loisir un quasi sport national.

Etrange pays ou un certain nombre de personnes agees ne prennent pas de "retraite". Elles passent d'une vie sedentaire de travail a une vie itinerante de loisir dans des bus amenages avec cuisine, douche et lit pour parcourir leur vaste pays. C'est donc essentiellement des touristes australiens que nous croisons dans ces parcs. Et, contrairement au schema francais, ici, ce sont les jeunes qui voyagent en bus en groupes organises. Quant a la faune, bien qu'ils aient ete plus souvent morts que vivants, nous avons vu de nombreux kangourous reussissant a nous approcher d'une femelle plutot docile, nous avons decouvert d'innombrables oiseaux exotiques multicolores, a crete, au long bec, nous avons croise un varan sur les bors d'une riviere et j'ai failli ecraser un serpent..

 

A notre grand regret, nous n'avons pas vu de crocodiles preferant ne pas les contempler dans des fermes pour touristes. On souhaitait en voir un vrai, avec tout le charme et l'angoisse de la rencontre fortuite.

Nous quittons le parc national pour prendre la celebre Stuart Highway. Cette route de 3000 kilometres est frequentee, sinon par les itinerants en visite, par les road train, des camions atteignants jusqu'a 55 metres de long et qui sont de veritables tueurs de dingo et kangourous.

Veritable garde manger des rapaces, on croise, sur cette route, des vaches, des chevaux, des dingos (chiens sauvages), et kangourous morts tous les cinq kilometres environ. C'en est a se demander si ces predateurs savent encore chasser. Au-dela des paysages somptueux, deserts, d'une grande diversite et changeant de couleur selon la position du soleil, ce sont ces rapaces qui rendent fascinant le parcours de la Stuart Highway. Des faucons qui se tiennent majuestueusement aux cotes du cadavre de la bete, des aigles tournoyant autour de la victime de la route avant de piquer du nez pour commencer leur repas et des dizaines de vautours noirs qui s'agglutinent sur le corps pour le depecer, le dechiqueter jusqu'a l'os.

Nous laissons momentanement cette immensite naturelle presque a l'etat brut pour penetrer dans la ville de Katherine. 8000 habitants et malgre tout le bourg le plus peuple de notre periple de 1500 bornes. Etrange ville ou les aborigenes errent dans les rues, longent les murs, se rassemblent dans les parcs et peuplent les parkings de supermarches, souvent ivres. Tels des fantomes, ils provoquent la peur, la surprise, le malaise des australiens blancs qui les croisent, s'ecartant a leur passage. Ces memes blancs qui, etrangement, peut etre par mimetisme, marchent dans les rues pieds nus.

Nous ne nous attardons pas a Katherine, et, sur les conseils de francais rencontres, prenons la route pour Barunga, petite bourgade en zone protegee ou se tient un festival de musique, sport et culture aborigene. Avec notre van amenage, notre butagaz et notre odeur de chevre, il nous a semble que l'on etait totalement en phase avec l'esprit des festivals en plein air.  A la difference des festivals cadencant l'ete de notre hexagone, celui ci, afin de respecter la culture aborigene et ce, controle de police a l'appui, interdit l'apport et la consommation d'alcool sur le site. Enfin, nous allions pouvoir voir les aborigenes vivre "normalement" dans ce qui est avant tout leur pays.

Deux jours de festivals nous enchanteront. On assistera a des matchs de basket ball feminin, de football australien, des concerts de musique et des spectacles de danses traditionnelles.

       

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On goutera meme a la cuisine aborigene - "bush taste" -: kangourou et tortue au feu de bois. Etrange, mais pas mauvais. Bien entendu ce festival est aussi l'occasion de faire connaitre a la population indigene un panel d'offres commerciales ciblees: les grandes marques de sport sont presentes pour proposer leus baskets, tee-shirts et equipements sportifs, les banques presentent leurs offres de credit sur mesure et d'aide a la gestion des revenus, et l'armee recrute des le plus jeune age en mettant a destination des enfants des armes en plastique censees faire naitre en eux la flamme patriotique.

En bref, tout ce qui peut aider a l'integration de cette population dans la societe implantee sur leurs terres ancestrales a son stand et ses animations au festival de Barunga.

Etrangement, il y a des domaines ou l'integration s'est faite plus facilement, et tellement bien que cela a necessite la presence de stands "preventifs". Prevention contre l'obesite. A en voir la population de Barunga il semble etre deja trop tard... Ces aborigenes qui ne mangeaient. a l'origine, que des produits sains, fruits de leurs recolte, peche et chasse, sont aujourd'hui, des les premieres heures de la journee, charges de cones de frites, de beignets de saucisse et de canettes de sodas. Les plus jeunes presentent deja en grande majorite des signes de surcharge poderale. Prevention contre l'alcoolisme. Les membres de la "dry culture" - culture sans alcool - ont vite, pour beaucoup,  pris gout a la bouteille tendue par le colonisateur blanc comme monnaie d'echange. Au point que l'alcoolisme est devenu un probleme majeur au sein de cette population.

Etrangement, ce festival ne compte parmi ses organisateurs que des non aborigenes. Meme les equipes de sport sont managees par des associations catholiques oeuvrant pour la bonne cause. Les aborigenes sont, encore une fois, relegues au role de figurants dans un festival cense, au contraire, les mettre au-devant de la scene. D'ailleurs, aucun aborigene croise n'est integre a la vie economique du pays. Aucun vendeur, marchand, policier, commercant aborigene croise pour le moment. Meme dans les parcs nationaux dont les brochures mettent en avant les sites aborigenes a visiter. On peut les voir en photo a l'entree, sur les depliants commerciaux, mais pas un ranger, pas un guide aborigene. Tels les kangourous ou les koalas, ils constituent un argument commercial pour le tourisme mais n'appartiennent, a proprement parler, pas a la societe australienne. Il est difficile de rentrer en contact avec ceux croises, et tandis que les sourires de Julien a leur encontre n'obtiennent aucune reponse, mon teint basane me vaut des prises a parti tout sourire et des signes de sympathie de la part de cette population qui me prend pour une metisse. Le versant de la medaille est que j'effraie les petites filles blondes dans les supermarches, qui se refugient a ma vue, d'un pas presse, dans les jupes de leur maman...

La suite de notre periple sur la Stuart Highway sera ponctuee d'arrets pour grimper au-dessus des Devils Marble, pour contempler les impressionnantes chutes d'eau d'Edith Falls et pour marcher dans les Katherine Gorge.

 Mais l'arret le plus surprenant, fut celui du Daly Waters, un pub typique de l'outback. Un stop dans ce pub nous familiarisera avec les soirees des fermiers australiens. Coiffes de leur chapeau, une chope de biere a la main, ils discutent joyeusement avec toute oreille complaisante et rentrent souvent completement ivres a bord de leur 4*4, parcourant parfois plus de 150 km pour rentrer chez eux.

Enfin, nous arrivons a Alice Springs pour la visite du Centre Rouge ou la temperature n'est plus aussi clemente et nous fait redouter les prochaines nuits dans notre van.... (- 4 degres le matin :-(  )

Ps: Les photos dans le repertoire Australie


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