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Chili


Samedi 14 octobre 2006

Notre derniere soiree a El Calafate sera rythmee par des airs a la gloire de Maradona et les tubes de Manu Chao - la deuxieme star ici - chantes par les jeunes argentins Buenos Aires qui occupent majoritairement notre auberge.    

 

 

 

 

 

Tout cela, bien entendu, est agremente d'une parilla maison. Le lendemain, le reveil est donc tres difficile et la nuit se termine dans le bus qui nous conduit a notre prochaine etape: Puerto Natales en Patagonie chilienne.


Cette region a l'extreme sud du Chili n'est accessible par la route qu'en traversant l'Argentine. Les formalites douanieres sont plutot longues et pointilleuses, temoignage certainement des dissensions entre les deux pays sur le trace de leurs fontieres. Cote argentin, on affiche en plus clairement les autres revendications territoriales nationales. Les Malouines, ces iles au large de la Terre de Feu qui appartiennent encore a la Grande-Bretagne en sont le fer de lance.

 

Nous arrivons a Puerto Natales. Cette ville offre un interet plutot limite et la tenue du rallye annuel qui met toute la population en ebullition ne nous excite pas trop. Mais c'est ici que nous preparons notre depart le lendemain pour quelques jours de randonnee dans le parc national adjacent de Torres del Paine. Nous definissons d'abord notre itineraire grace aux cartes disponibles dans notre auberge et aux informations glanees aux randonneurs de retour. Ensuite, il y a l'etape meteo meme si il ne faut pas s'y fier, nous dit-on, le temps etant trop imprevisible en Patagonie. Esperons qu'ils disent vrai car les previsions ne sont pas bonnes... Enfin, nous louons une tente, un rechaud et suffisamment  de provisions pour etre autosuffisants pendant les 3-4 jours de randonnee. Pour l'eau, l'ecosysteme du parc national est tellement bien preserve qu'elle est potable partout. Cela fait toujours cela de moins a porter...

Arrivee a Torres del Paine, a 3 heures de route de Puerto Natales, on est inquiets: les previsions climatiques etaient malheureusement bonnes. Notre marche debute, par consequent, dans la brume accompagnee d'une pluie fine. Nous ne distinguons rien du panorama epoustouflant qu'on nous avait promis. Au fur et a mesure, prenant de l'altitude, la pluie se transforme en neige et un vent glacial manque de nous desequilibrer tellement il est violent. La neige est de plus en plus abondante et lorsque nous arrivons a l'aire de campement autorisee ou nous avions prevu de passer la nuit, l'epaisseur du tapis au sol est d'environ 20 centimetres...

Nous hesitons un petit moment, mais la vue des deux tcheques qui nous precedaient s'installant et les prix pratiques par le refuge a trois heures de marche plus bas - 35 US dollars la nuit par personne en dortoir - nous convaincront: nous passerons la nuit la. Basma et moi n'etant pas des experts du camping et encore moins sur et sous la neige, l'etape de montage de la tente est plutot laborieuse. Les activites etant plutot limitees par le froid, nous voici couches a 19h00 pour essayer de nous rechauffer. La nuit est tres difficile, la temperature glaciale, les rafales de vent violentes et la peur que la toile ne cede sous le poids de la neige accumulee ont raison de notre temps de sommeil. Au reveil, meme si il est encore tres couvert, le temps est plus clement.

Les sommets ne sont toujours pas visibles mais nous nous delectons a faire nos traces dans la neige fraiche et vierge.  Apres une boucle de deux heures, nous redescendons pour retrouver une altitude proche du niveau de la mer et une texture de sol plus familiere. La longue journee de marche est agreable mais tres brumeuse. Nous passons une nouvelle nuit sous la tente mais cette fois ci dans des conditions beaucoup plus acceptables.

Enfin, ce n'est que le dernier jour de randonnee que nous pouvons pleinement prendre la mesure de ce qui fait la reputation de ce parc national: des sommets abruptes aux formes irreelles culminent 3000 metres au-dessus de lagunes bleu azur. Leves avant le soleil nous grimpons a un point de vue situe a deux heures au-dessus de notre campement. La pellicule blanche et le soleil nous enchantent et l'on passe de longs moments a observer les glaciers tenant en equilibre le long des pentes de ces pics et a traquer le renard qui nous a precedes. En chemin, nous croisons beaucoup d'aigles et des guanacos.   

  

 

 

 

 

 

 

 
 


 

 

 

 

 PS: Les photos dans le repertoire Chili elles commencent par A-torres del Paine. Et cette fois on a bien regle le son pour les videos et on a teste ca marche!!


Par Ju - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander

Vendredi 29 septembre 2006

C'est avec un plaisir certain que nous arrivons a Santiago. Plus d'un mois et demi avant, nous avions ici meme, fait la connaissance de deux familles qui, aujourd'hui, nous attendent impatiemment.

C'est d'abord au couple Juan-Carlos et Gabriel que nous allons rendre visite en premier. Travaillant toute la journee, ils nous ont laisse une paire de clefs chez le concierge afin que nous puissions nous rendre dans leur appartement en plein centre-ville des notre arrivee a l'aeroport. Nous connaissons le chemin et nous y sommes  tres vite. La, nous rencontrons deux autres francaises hebergees chez Juanito et Gabito par le biais de couchsurfing. Elsa et Laurence sont deux parisiennes ayant laisse appartement et travail pour parcourir durant 4 mois l'Amerique du Sud. Tres joviales, le courant passe vite entre nous et nous echangeons experiences diverses, anecdotes et bons plans. Le soir, c'est autour d'un plat de palta - avocat ecrase- accompagne de the et cafe que nous nous retrouvons tous les six. Mais, la distraction principale de la soiree reste le cours de cusine de Juanito qui nous apprend a faire les fameuses empenadas al pino, ces chaussons fourres a la viande, oeufs et olives, que l'on degustera le lendemain soir au rythme de la cumbia et autres musiques latines. Notre coup de coeur musical sera pour Cecilia, une chanteuse chilienne decedee, qui, de sa voix suave et nostalgique nous transportera chacun dans nos souvenirs...

 Pour ceux desirant s'initier a l'art des empenadas, voici la recette:

Pour le pino (la farce):

  • 1,5 kg de viande hachee
  • 12-15 oignons
  • 10 oeufs durs coupes en quatre
  • 250 g olives noires egouttees (si possible denoyautees)
  • 50 g de raisins secs pretrempes dans un verre d'eau toute la nuit
  • sel, huile, origan, paprika doux, piment doux

Il faut tout d'abord couper les 15 oignons tres finement. Une fois les oignons coupes, faire rechauffer l'huile au fond d'une casserole (pas de mesure exact mais mettre assez d'huile pour faire cuire les oignons). Y plonger les oignons et laisser mijoter a feu moyen jusqu'a ce que les oignons commencent a rossir. Une fois les oignons roux, ajouter la viande hachee. Assaisonner avec de l'origan, du piment doux et du sel (1 cuillere a soupe par kilo de viande). Melanger regulierement jusqu'a ce que la viande et les oignons soient cuits. Une fois le melange cuit, ajouter le paprika. Laisser encore mijoter 5 minutes. La farce est prete. La laisser reposer toute la nuit.

Pour la masa (la pate):

  • 1,5 kg de farine ordinaire 
  • sel, huile, lait (facultatif), eau

Le secret de la reussite de la pate, selon Juanito, est de la travailler rapidement afin qu'elle ne refroidisse pas. Pour cela, faire un volcan avec la farine. Faire tiedir un melande de lait et d'eau. Ajouter a la farine une cuillere a soupe de sel et deux cuilleres a soupe d'huile. Ajouter ensuite progressivement le melange eau et lait. Petrir rapidement au fur et a mesure qu'on ajoute l'eau-lait. Une fois la pate prete, faire des petites boules. Etaler et petrir chacune des boules et laisser reposer sous un torchon le reste de la pate pour ne pas qu'elle refroidisse..

Pour chacune des boules petrie: mettre au centre de la pate el pino, deux quarts d'oeuf dur, deux olives et quelques raisins secs. Refermer en  deux en appuyant fortement sur les bords pour coller la pate.

Couper l'exces de pate de facon a avoir un triangle. Rabattre les bords en appuyant toujours avec les doigts pour donner la forme caracteristque des empenadas. Avant de les mettre au four durant 15-20 minutes a une temperature de 220-240 degres, mettre du jaune d'oeuf sur les empenadas pour les dorer.

      

Les deux jours chez Juan-Carlos et Gabriel passeront tres vite. Juanito travaillant le samedi toute la journee, nous irons lui faire nos derniers aurevoirs a la pharmacie. Le coeur gros, on le laissera les larmes coulant, les mots manquants et allant se refugie dans la reserve avec la pudeur de ceux dont on dit qu'ils sont "trop emotifs". Ce fut un moment tres touchant.

Les adieux termines et les sacs sur le dos nous prenons le metro pour nous diriger cette fois vers des retrouvailles. Celles avec la famille de Gloria qui habite dans les hauteurs de Santiago. Gloria nous attend au terminus du metro, accompagnee de ses trois petites filles et affichant toujours ce meme sourire tendre et hospitalier. Nachita, la petite derniere croit que l'on habite dans "le metro". En effet, lors de notre derniere visite, c'est a ce meme endroit qu'elle et son pere Rodrigo nous avait laisses.

Pour ce petit bout de femme de 3 ans, il n'y a aucun doute, nous habitons la...Durant deux jours, Gloria et Rodrigo nous ferons profiter de leur belle maison, visiter l'etonnant marche artisanal de Los Dominicos et l'immense parc dominical ou les familles viennent se promener, amener les enfants voir la cage aux oiseaux exotiques ou pratiquer tennis, velo acrobatique ou basket.... Julien passera beaucoup de temps a jouer dans le jardin de la maison avec les filles, surtout Nachita qui, lors de notre premiere venue ne voulait pas lui adresser la parole car il ne parlait pas espagnol. Avec ses quelques mots appris depuis, il a tout de suite ete adopte par cette derniere qui l'appelle desormais "el hombre grande" - le grand homme.

Rodrigo, entre toutes ses activites deja citees dans le precedent article sur Santiago, nous concoctera, quant a lui, les fameux keppe libanais.  

Lundi midi, Rodrigo et Nachita nous accompagnent au metro pour cette fois quitter Santiago, le Chili et rejoindre l'Argentine ou nous ferons nos premiers pas dans la ville de Mendoza. Santiago aura ete l'occasion pour nous de recevoir deux belles lecons de vie. 

Celle de Juan-Carlos et Gabito qui, malgre leurs emplois respectifs ne leur laissant que peu de temps libre, ont su s'amenager des horaires leur permettant de nous recevoir et de partager ensemble de tres bons moments. Sans aucune apprehension et avec une confiance surprenante ils nous ont, des notre premier contact, donner un double de leurs clefs afin que nous soyions libres de nos mouvements. Enfin, ils nous ont ouvert spontanement leur appartement, leur vie, leur coeur et nous ont fait reflechir a la richesse des rencontres improbables, qui, dans un contexte plus probable, n'auraient peut etre jamais eu lieu.

Celle de Gloria, Rodrigo et leur famille qui sont d'une desarmante bonte: ils donnent sans jamais esperer un retour, uniquement pour le plaisir que leur procure le simple fait de donner. Leur philosophie de vie est d'etre bien avec eux-meme pour etre bien avec les autres. Gloria conciliant superbement vie familiale et professionnelle, Rodrigo, l'eternel autodidacte, ayant su faire de sa vie un loisir constant, et toute cette famille s'epanouissant dans un environnement ou malgre l'intrusion de deux etrangers, la vie familiale et les habitudes restent inchangees: tout le monde se promene en pyjama le dimanche, la sieste reste d'actualite et au final, on se surprend a faire nous aussi la sieste en pyjamas improvises...

Ps: quelques photos de notre quotidien a Santiago (elles commencent par back to Santiago) dans le repertoire Chili


Par Bas - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Mardi 15 août 2006

Nous quittons donc Valparaiso et entamons un trajet de 22 heures jusqu'a Calama au nord du Chili. Les bus chiliens sont on ne peut plus confortables et offrent des prestations dignes des compagnies aeriennes: hotesses, repas servis a bord..etc. A notre reveil, nous avons completement change de paysages et nous traversons l'aride et immense desert d'Atacama. Le sable ocre est partout et nous ne croisons que d'anciennes exploitations minieres abandonnees. Nous faisons la connaissance de Markus et Mauricio, un couple germano-chilien. Arrives a Calama, nous n'avons pas de place pour la prochaine correspondance pour San Pedro et ses deux heures de trajet supplementaires. Nous devons donc attendre quatre heures la suivante. Nos deux compagnons, plus prevoyants, embarquent pour San Pedro et nous proposent de chercher une chambre pour quatre et de nous attendre a la station de bus.

Nous atteignons San Pedro de nuit et sommes tout de suite conquis par ce petit village au milieu du desert, aux maisons en adobe blanchies a la chaux et aux rues non goudronnees.

Nous retrouvons nos deux amis qui nous guident jusqu'a la chambre que l'on va partager avec eux. Ils sont aussi tres motives pour sortir et, en nous attendant, ont deja repere les meilleurs lieux de la vie nocturne de ce village. Nous sommes actuellement en pleine periode touristique ce qui fait que, contrairement a l'Asie ou nous ne rencontrions essentiellement que des voyageurs au long cours partageant le meme souci que nous de tenir un budget journalier tres serre, il est plus difficile pour nous de suivre des personnes voulant profiter au maximum de leurs quelques semaines de vacances. Nous ne pouvons cependant pas abandonnes nos compagnons si entousiastes, et nous nous dirigeons donc vers le restaurant plutot branche qu'ils ont selectionne meme si nous sommes plutot habitues aux petites echoppes ou aux empenadas dans la chambre au Chili ou la vie est assez chere. Nous passerons une soiree memorable, melangeant francais, anglais, espagnol et meme un peu allemand et rechauffes par le feu de cheminee et par la musique d'Amerique latine. La soiree se terminera par une choregraphie sur Shakira de Mauricio et Basma a 4 heures du matin dans la chambre d'hotel (la video est disponible a notre retour..:-)).

Nous restons trois jours a San Pedro,  explorant ce petit village qui, meme s'il est tres touristique, a su preserver ses petites ruelles et son respect pour la traditionnelle sieste.

                     

Nous visitons le musee celebre pour les momies qu'il contient, mais c'est surtout l'exposition des techniques ancestrales de deformation de cranes qui nous fascine. A l'epoque pre-coloniale, certaines tribus appliquaient aux nouveaux-nes tout un systeme de bandage permettant a la tete de prendre en grandissant la forme voulue propre a chaque ethnie. Le resultat visible sur certains cranes exposes est saisissant.

 

Ce qui fait le succes de San Pedro aupres des visiteurs, ce sont ses alentours desertiques marques par une activite volcanique et geothermique au pied de la Cordillere des Andes. Les volcans, encore actifs ou non, parfois a plus de 6000 metres d'altitude, se distinguent meme depuis la place du village. L'endroit le plus prise est la Vallee de la Luna. Nichee au creux d'un cratere au decor lunaire, une immense dune de sable permet d'assister au coucher du soleil en surplombant les environs montagneux et desertiques.

Si cette excursion fut physiquement  plutot facile, la decouverte des geysers de Tatio se merite... Reveilles a 3h30 du matin, on grimpe dans un bus pour les trois heures de route qui nous separent du site. On passe de 2400 metres d'altitude a 4300 sur une piste a la cote presque douce et sans faire aucun lacet. Arrives sur place, le froid est extreme: -15 degres. On eprouve quelques difficultes a respirer. Outre les fumerolles de vapeur, le gargouillement sonore et visuel de la boue et les jets d'eau, c'est le paysage et la vue sur les sommets environnants qui retient notre attention.

Basma se baigne dans une source d'eau chaude a 30 degres avec Markus et Mauricio. Je pretexte un oubli de maillot de bain pour me defiler, il fait definitivement trop froid.

Au retour, nous croisons nos premiers lamas et nous nous arretons dans un petit village ou nous tombons sous le charme de l'eglise malheureusement fermee.

Nous devons maintenant trouver un moyen de regagner la Bolivie, notre prochaine etape dont on nous a tant parle, entendant le pire comme le meilleur...

PS: les photos de San Pedro dans le repertoire Chili


Par Ju - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander

Mardi 8 août 2006

Nous debarquons a Santiago et embarquons aussitot dans un bus en direction du centre ville. Exceptionnellement, cette fois nous ne nous dirigeons pas vers le quartier routard. En effet, Juan Carlos et Gabriel, un couple de chiliens habitant le quartier central de Cathedrale nous attendent dans leur appartement. On est un peu stresses et surtout tres genes car c'est la premiere fois que nous allons experimenter le couchsurfing. Ce systeme d'hebergement consiste a proposer de recevoir chez soi des voyageurs pour echanger avec eux experiences et cultures ou approfondir une langue qui n'est pas maternelle. C'est en quelque sorte une maniere de voyager tout en restant chez soi. Nous arrivons donc chez nos deux hotes qui, sentant notre gene, se proposent de rompre la glace en rompant le pain chilien accompagne de queso (fromage) et palta (avocat).

 

Apres de longues discussions sur les pays que chacun a deja visites, Gabriel travaillant dans une agence de voyage, nous passerons une longue soiree a comprendre la place que tient et veut tenir le Chili au sein de l'Amerique latine, a apprendre les polemiques actuelles du pays, a faire des pronostics sur l'apres-Fidel Castro, et surtout et malheureusement a decouvrir les problemes voire l'impossibilite des chiliens (aussi) a venir visiter la France. Outre le cout evident du voyage, la politique de controle de l'immigration francaise contraint depuis un an tout touriste chilien a justifier d'un garant natif et vivant en France pour pouvoir obtenir, peut-etre, un visa touristique. Le lendemain, sur leurs conseils, nous arpentons donc le paseo  huefarnos, flanons sur la Plaza de las Armas, assistons a la sortie des diplomates etrangers a la Moneda , celebre depuis les images de cet edifice en feu lors du coup d'etat de 1973 par Pinochet, et nous nous plongeons au musee d'art Pre-colombien dans l'histoire pre-coloniale de ce continent.

 

 

 

Santiago est une ville tres moderne avec toutes les grandes enseignes internationales, un metro qui en plus de bien fonctionner est d'une proprete irreprochable et de larges rues pietonnes bordees par des cafes latins et de nombreuses Panaderias (boulangeries) et bondees par une population socialement et culturellement metissee. Nous goutons aux specialites locales: empenadas- chaussons fourres a la viande hachee, oignons frits et olives -, a la viande de boeuf argentine arrosee de vinaigre balsamique, a la cazuela - bouillon de boeuf avec pomme de terre, potiron et mais, aux mariscos (moules, machas, coquilles Saint-jacques)...etc. Nous passerons donc deux jours a flaner dans les rues de Santiago, partageant nos soirees avec Juan Carlos et Gabriel qui nous attendent chaque soir pour diner.

Au vu du nombre de personnes se proposant de nous heberger a Santiago, nous avons eu quelques difficultes a refuser les invitations. Neanmoins, nous choisissons de passer notre dernier jour dans la capitale dans la famille de Gloria et Rodrigo. Ces parents de trois adorables filles nous laisseront beats devant leurs generosite et hospitalite. Habitant au pied de la Cordillere des Andes dans une charmante maison, ils nous conduiront dans les alentours pour nous faire decouvrir les quartiers huppes de la capitale et celui des Dominicos. Malgre un emploi du temps bien charge, ils prendront tous deux des disponibilites pour nous faire passer une journee memorable qui se terminera autour d'un repas chilien goutant toutes les specialites locales et celles de Rodrigo (une mayonnaise maison a tomber par terre!!) jusqu'a point d'heure... ( site de l'ecole de Rodrigo ou l'on parle de nous  http://sensei.cl/bitacora.php?id=47)

 

 

Avant de partir pour Valparaiso, Rodrigo qui s'est specialise entre autres dans l'art du Shiatsu, nous fera meme un talisman japonais pour nous proteger durant la suite de notre voyage.

1 heure 30 plus tard, nous sommes deja  a Valparaiso. Cette ville attire surtout les visiteurs en quete de poesie urbaine. Des l'arrivee, nos yeux s'emerveillent ineluctablement devant ces collines tachetees de demeures aux multiples couleurs. 

 

 

Impatients de decouvrir ce lieu, nous nous decidons rapidement pour une chambre chez Luis au decor d'une autre epoque.

Delestes de nos bagages, nous passons la journee a nous perdre dans les labyrinthes de la ville, a explorer les petites ruelles, a prendre les asensores et les vieux funiculaires pour admirer Valparaiso du haut des cerros (collines) et visiter l'ancienne maison devenue musee de l'icone national, le celebre poete Pablo Neruda. Avec une architecture atypique qui rappelle l'amour de Pablo Neruda pour la mer, ce musee recele nombre d'objets insolites chers au poete. Nous nous attarderons surtout dans son bar ou une multitude de verres de toutes couleurs soigneusement ranges rappelle que Pablo Neruda pretendait que l'eau avait un meilleur gout lorsqu'elle etait bue dans un verre colore..

 

Nous prenons ensuite le bus pour 26 heures de trajet jusqu'a San Pedro de Atacama.

PS: les photos dans le repertoire Chili.


Par Bas - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander

Samedi 5 août 2006

Epuises mais on ne peut plus excites, on atterit sur l'Ile de Paques. On descend a pied directement sur le tarmac pour rejoindre le tout petit hall d'aeroport. Ici, seule la piste est immense; financee par les americains, c'est l'une des plus grandes du monde. Elle est, en effet, prevue pour qu'une navette spatiale puisse y atterir en cas de besoin.


Les passagers ayant reserve par avance leur logement sont accueillis avec des colliers de fleurs. L'ile compte uniquement deux hotels, l'hebergement se faisant essentiellement chez les habitants. Ceux-ci proposent directement leurs chambres a la sortie des quatre vols hebdomadaires en provenance de Santiago. Nous suivons donc Elvira et embarquons a l'arriere d'un pick-up en compagnie des musiciens venus accueillir les touristes par des chants traditionnels. Apres avoir roule a peine 500 metres, nous voici a Hanga Roa, le seul village de l'ile qui compte l'essentiel des 3800 habitants de Rapa Nui.

L'ile de Paques est un des lieux qui ont le plus excite l'imagination de l'homme. Par sa situation d'abord, car  c'est l'endroit le plus isole du monde: les cotes chiliennes sont a plus de 3700 kilometres et l'ile de Pitcairn - peuplee par les descendants des revoltes du Bounty - est a environ 2000 kilometres. Par ses habitants ensuite: l'hypothese la plus probable est que les pascuans sont des polynesiens arrives des iles Marquises il y a environ 15 siecles. Cette these est etayee par les ressemblances physiques entre les deux communautes, le dialecte proche du tahitien et les traditions similaires. Une autre ecole, se fondant sur les methodes de construction des habitats identiques a celles des incas, pense qu'ils sont originaires d'Amerique du Sud. Mais cette derniere version a pris du plomb dans l'aile apres des analyses genetiques. Enfin, l'ile de Paques facine surtout par ses moais. Ces celebres statues au style pur et naif tournent toutes le dos a la mer, sauf sept d'entre elles dirigees vers une ile des Marquises et qui sembleraient representer les 7 premiers arrivants sur l'ile. 

Si il est plutot avere que les moais representent les divinites et chefs de tribu, c'est leur fabrication et surtout leur deplacement depuis la carriere jusqu'au bord de mer qui reste enigmatique. Les plus anciens auraient pu etre deplaces sur des rondins de bois, mais lors de l'edification des plus recents la deforestation complete de l'ile etait deja tres ancienne....

L'ensemble des mysteres de l'ile ne sera surement jamais completement leve, la tradition orale ayant disparue. Les famines ont eu, les premieres, raison de cette ile surpeuplee par rapport a ses ressources, aidees ensuite par la rafle du gouvernement peruvien venu chercher au 19 eme siecle les 1000 hommes valides de l'ile pour travailler de force dans des mines de guano sur le continent. Devant l'indignation internationale, les 80 survivants aux conditions effroyables de travail sont rembarques sur leur terre d'origine. Apres la traversee, seuls 15 sont vivants et apportent avec eux la tuberculose et la variole. La population de l'ile contaminee passe alors a 150 habitants, et tout le savoir et la tradition sont perdus a jamais. L'ile est ensuite louee a des concessions anglaises pour l'elevage des moutons; les derniers pascuans n'ont alors pas le droit de sortir du village si ce n'est a jamais pour regagner Tahiti ou on leur propose des terres. Quelques jeunes hommes, ne pouvant se resoudre a abandonner leur terre et a assister impuissants a l'extinction de la population, decident de se devouer pour la bonne cause. Ils rameneront chacun plusieurs femmes du Chili et auront en moyenne chacun une quarantaine d'enfants. Les 4000 habitants d'aujourd'hui sont donc a 70% des metis, le reste etant essentiellement des chiliens.

L'ile etant petite - 30 km de long sur 15 km de large -  notre exploration s'est faite, durant 4 jours, surtout a pied et en auto-stop.  Le peu de circulation est essentiellement compose de touristes en voitures de location. Ce sont donc surtout les locaux qui nous embarquent a l'arriere de leur pick-up ou la police qui nous ramene devant chez nous apres avoir fait quelques detours pour nous faire decouvrir l'ile. Par ailleurs, on a vite abandonne l'idee d'empecher le chien de la proprietaire de nous suivre partout et en permanence durant notre sejour. C'est donc a trois que l'on a parcouru les cotes dentelees a la roche volcanique noire et au sol aride.

En dehors de quelques sites restaures, les autres sont mal ou peu indiques et font corps avec la vegetation. Les moais tronent au milieu de chevaux en liberte sur des falaises surplombant le pacifique.


L'impression est intense et on ne se lasse pas de les chercher, de les trouver et de les observer. Un des endroits les plus fascinants est le cratere faisant office de carriere ou les moais etaient tailles. Ici, 300 statues gisent dans differents etats et a differents stades de leur fabrication. Certaines sont juste ebauchees dans la pierre de la falaise, d'autres tronent comme pour garder ce lieu sacre. Pas de sentiers, on parcourt la vaste etendue a sa guise, nous nous surprenons a nous prendre pour des archeologues a travers les hautes herbes pour decouvrir d'autres moais plus dissimules.

En plus de cet environnement mystique, l'ile de Paques offre des merveilles incroyables. Les lavatubes sont, par exemple, des anciennes coulees de lave dont l'exterieur s'est solidifie et l'interieur fluide est parti formant ainsi d'immenses tubes de plus de 4 metres de diametre et pouvant faire jusqu'a  900 metres de long.

Mais c'est surtout le cratere de Rano Kao, vestige du volcan qui a forme l'ile qui nous a subjugue. On renonce a en faire completement le tour, la crete est trop abrupte au-dessus de la mer, mais quel vertige!

Nos soirees sont bercees par la musique polynesienne du groupe de notre hotesse et ponctuees d'anecdotes et de decouvertes partagees avec les autres visiteurs heberges par Elvira sur cette ile reellement envoutante. Nous terminons notre sejour par une messe en "auditeur libre". Le pretre a un collier de fleurs, les chants en pascuan sont accompagnes d'une guitare et le benitier est un gros coquillage. Notre derniere image reste cette sortie d'eglise ou la population endimanchee regagne son domicile en camionette ou a cheval qui est encore un moyen de transport tres frequent ici.

Nous embarquons pour Santiago enchantes par notre sejour ici. Transition idyllique entre la culture polynesienne dont Auckland est empreinte et l'Amerique latine.


Par Ju - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander

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