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Bolivie


Lundi 28 août 2006

Les bus boliviens sont encore differents de tous ceux que l'on a jusqu'a present experimentes. Certes, on a surpris des chevres encore vivantes dans la soute a bagages et nos places ont ete souvent envahies par des sacs de pommes de terre stockes un peu partout comme les sacs de riz dans les bus asiatiques, mais, que le trajet dure une heure ou douze, comme c'est le cas cette fois-ci pour rejoindre La Paz de Sucre, les arrets sont rares pour ne pas dire inexistants. Il faut, par consequent, bien anticiper les envies pressantes et prevoir assez d'eau et de provisions pour la route. Quoique, pour ces derniers, il y a, fort heureusement, aux postes de controle policier, des hordes de vendeuses tendant les mains pleines de beignets, bouteilles d'eau, verres plastifies remplis de gelatine, friandises ou fruits vers les passagers peu prevoyants penches a leur fenetre pour operer les transactions. Quant a ce parcours en particulier, il est repute comme etant tres desagreable notamment pour le froid qui regne dans le bus durant la nuit. Aussi, tous les passagers ont apporte avec eux doudounes et couvertures en alpagas pour les locaux et sacs de couchage pour les 'gringos' afin d'esperer passer une nuit sereine. Glaces tous deux malgre nos sacs de couchage et, en ce qui me concerne, asphyxiee par une bronchite que je me traine depuis quelques jours deja, le trajet sera eprouvant. 

Nous decouvrons La Paz au reveil, a 6 heures du matin. Les rues ne sont pas encore bondees mais l'activite de la ville a deja commence. Toutes les echoppes de la gare routiere sont ouvertes et nous nous y attardons longuement, enchainant les cafes et mate de coca pour a la fois nous rechauffer et nous reveiller. Le bus booke pour le soir meme, nous partons visiter les quelques lieux que l'on a retenus. C'est la Plaza de las Armas, pres de l'eglise San Francisco, qui nous donnera notre premier emoi: une vue sur les quartiers populaires, des milliers de maisonnettes perchees dans les hauteurs et agrippees aux flancs denudes du canyon dans lequel a grandi la capitale.

Ici encore, les cotes et les pentes se succedent et saccadent notre souffle deja court. En effet, La Paz se situe a 4000 metres d'altitude ce qui en fait la capitale la plus haute du monde. Nous nous dirigeons vers le Mercado Negro et l'epique Marche des Sorcieres ou l'on trouve a la fois des petites amulettes porte-bonheur, des parfums ou potions pour attirer hommes ou femmes au choix, et un ensemble d'offrandes a la Pacha Mama ( la Mere Terre dans la croyance indienne) qui vont de la sucette Chupa Chups au foetus de lama seche.

achat de foetus de lama

Apres cette promenade ensoleillee a travers les marches de la capitale, nous nous interessons a l'histoire de la tres controversee feuille de coca. On apprend ainsi, au Musee de la coca, que la consommation de cette plante initialement  interdite par l'eglise iberique a ete ensuite vivement encouragee lorsque les espagnols se sont rendus compte que celle-ci augmentait la performance des mineurs; et ce, a tel point que ceux-ci ont ensuite eu l'obligation d'en consommer durant leurs longues journees de labeur. Si la feuille de coca permet de produire des anesthesiques, la Bolivie et la Colombie qui en cultivent des hectares ne font partie du club tres ferme des producteurs agrees de ces medicaments. Aussi, les Etats-Unis qui sont les premiers importateurs de feuille de coca, d'une part, pour aromatiser le mondial Coca-cola, et, d'autre part, pour approvisionner les consommateurs de cocaine ont reduit leur lutte contre le narcotrafique a un ensemble de mesures essentiellement exterieures au pays. Parmi celles-la, ils financent en milliards de dollars des patrouilles aeriennes mixtes censees detruire les champs de coca et subventionnent les paysans souhaitant remplacer leur culture de coca par des cultures agricoles plus communes et moins nocives au peuple americain meme si elles sont moins rentables sur ces terres peu fertiles.

vendeuse feuilles de coca

Notre pause-sandwich sur la place centrale nous permettra de voir, au plus pres, les celebres cireurs de chaussures de La Paz. Tout comme dans les autres villes boliviennes, ils sont jeunes, ont entre 7 et 18 ans, et, avec leur 2.5 dollars gagnes par jour, participent aux besoins du foyer familial ou alors financent leurs etudes. Assis contre les murs des avenues tres passantes ou arpentant les parcs et places ou la potentielle clientele est paisiblement installee sur les bancs de la capitale, ils proposent docilement ou tres energiquement leur service. Les doigts et habits noircis par le cirage, ils s'arretent, de temps en temps, pour contempler avec des yeux brillants et criant leur envie, les enfants et adolescents, en uniforme aux couleurs eclatantes, goutant dans une echoppe a la sortie de l'ecole ou du college. Mais, contrairement a ceux qui arpentent les villes de Sucre, Potosi ou Uyuni, les cireurs de La Paz sont masques. Ainsi, malgre la chaleur accablante qui regne dans l'apres-midi, ils portent tous un passe-montagne et une casquette ne laissant apparaitre que leurs yeux. Pas d'ouverture au niveau de la bouche, ils peinent a respirer. Mais, ici, le port de ce passe-montagne est une obligation pour tous. La raison principale de cet etrange uniforme est la toxicite du gaz qui emane du cirage et qui a vallu, il y a quelques annees de cela, la mort d'un petit nombre de cireurs. L'autre raison qui legitime ce masque suffocant, est la honte qui etouffe les cireurs les plus ages. Quant a ceux qui n'ont trouve que ce moyen pour financer leurs etudes, au-dela de la devalorisation qu'ils ressentent face au dedain de leurs clients, ils craignent que cette activite temporaire ne compromette leur futur professionnel s'ils sont reconnus. On ne vera donc pas le sourire des cireurs de La Paz, ne parvenant meme pas a bien discerner leurs yeux tant la gravite de leur vie les a noircis. 

Notre tour termine, nous quittons La Paz pour passer nos derniers jours en Bolivie sur les bords du lac Titicaca a Copacabana. En chemin, une procession aux allures de carnaval creant un embouteillage nous retarde un peu mais contente nos yeux curieux.

Une heure nous separe de notre destination quand nous debarquons du bus pour passer sur l'autre rive du celebre lac. Le passage se fera pour nous en petit bateau a moteur, tandis que notre bus, encore charge de nos bagages, est transporte dans une plus grande barque moins rapide et qui oscille dangereusement...

Copacabana est une petite ville cotiere assez touristique mais qui a su conserver le charme de ses traditions. Ainsi, outre une excursion sur l'Isla del Sol qui sera pour nous l'occasion d'une randonnee, nous assisterons le dimanche matin a l'arrivee massive dans cette ville des voitures, camions et 4*4 de toute la Bolivie et egalement du Perou. Le pelerinage dans cette ville se conclut par une benediction de ces quatre roues endimanches grandement festoyee a coup de petards et de pop-corn de feves. Sans benediction prealable, nous experimentons ces pop-corns de feves qui nous causeront des crampes intestinales toute la nuit.

Nous quittons la Bolivie rassasies d'images de paysages exceptionnels, seduits par le style vestimentaire de sa population, enchantes par le folklore et les traditions de sa culture et emerveilles par l'architecture coloniale de ses villes.

Le bus qui nous fait traverser la frontiere sur les bords du lac Titicaca nous depose a Puno, notre premiere ville peruvienne. Changement radical. Le Perou est, pour nous, le Vietnam de l'Amerique latine. Largement frequente par les touristes, le gouvernement et sa population ont bien compris comment tirer profit de ces portefeuilles de passage. Les rues sont plutot modernes, le style vestimentaire des peruviens aussi. La police touristique est partout. L'artisanat est tellement omnipresent qu'il semble etre un bien de premiere consommation. Les Plazas de las Armas, presentes dans chaque ville, si elles portent le meme nom, ont chacune un charme different. Les cathedrales qui ornent ces places ont une architecture plus ou moins metissee de la culture indienne et celle de l'ancienne domination espagnole.

Puno est surtout le point de depart des visites des iles flottantes ou 'Los Uros' et l'ile Taquile du lac Titicaca cote peruvien. Des le lendemain, nous voguons donc en direction des iles de los Uros, celebre archipel artificiel entierement fait en roseau  totora qui pousse abondamment de ce cote du lac. Tout est en roseau. Les maisons, bien sur, mais surtout l'ile elle meme qui se compose de plusieurs couches de totora superposees et completees a mesure que les couches inferieures pourrissent. Afin de ne pas deriver continuellement les iles sont ancrees au lac. Chacune d'entre elles, qui forment un petit village ou plutot un regroupement de familles, se deplace ainsi sur l'eau au gre de ses envies. Plus insolite encore, si au sein d'une ile des discordes et disputes de voisinage rompent l'harmonie du groupe, une cission est decidee. La maison en tord est alors separee du reste du village en rompant les roseaux et glisse sur l'eau pour se greffer a un autre village. Aussi, la geographie de ces iles flottantes est en constante mutation au gre des changements climatiques et des relations humaines. Bien qu'un peu trop touristique et beaucoup trop ponctuee d'arrets achat d'artisanat local, la decouverte de ces iles artificielles reste tres impressionnantes.

Beaucoup plus eloignees des cotes, l'ile Taquile ou nous nous arretons ensuite a su, pour sa part, preserver son authenticite malgre le flot constant de visiteurs. Les Taquileens qui parlent le quechua refusent les mariages extra-communautaires et regissent leur ile selon des regles hierarchiques bien precises et de maniere communautaire. Tous les prix sont alignes et aucun profit personnel n'est autorise. Chaque taquileen oeuvre pour le bien etre de la communaute. Pour le visiteur, les reperes sont donnes par les vetements portes par chacun d'eux. Ainsi, les hommes portant un chapeau noirs sont les reponsables, les elus. Ceux portant un bonnet rouge et blanc sont celibataires, quant a ceux qui portent un bonnet entierement rouge, ils sont maries. Les femmes, elles, portent l'habit traditionnel taquileen. Ici, le tissage est un art qui se perpetue de generations en generations et qui s'exerce tout au long de la journee. Ainsi, on peut apercevoir des femmes abritees a l'ombre filant la laine d'alpaga et des hommes marchant sereinement tout en tricotant leur bonnet.

Ravis par cette immersion dans la culture des habitants du lac Titicaca, nous nous dirigeons maintenant vers Cusco et l'incontournable Machu Pichu...

Ps: Cet article etant a cheval entre Bolivie et Perou, les photos de La Paz et Copacabana sont dans le repertoire Bolivie (elles commencent par A0), quant a celles du Lac Titicaca sont dans celui du Perou.


Par Bas - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander

Dimanche 27 août 2006

Notre parcours du sud-ouest bolivien se termine a Uyuni. Nous quittons nos trois amis italiens qui eux repartent vers San Pedro de Atacama.

Nos premiers pas dans cette ville sont pour nous une veritable claque. Arrivant du tres occidental Chili, le changement est radical. Si au Chili la population tres metissee semble presque europeenne, ici 80% de la population est de souche indienne. Les femmes sont pour la plupart en tenue traditionnelle, les bas de laines remontes aux genoux ou s´arrete  une multitude de jupons plisses. Coiffees d´un chapeau melon ou a fleurs, elles arborent deux longues nattes et portent dans leur dos, dans de la toile multicolore, les produits qu´elles vont vendre au marche ou qu´elles en ramenent et parfois un nouveau-ne.

 Les hommes, pour leur part, ont les traits marques et les yeux qui brillent, caracteristiques de ces pays ou la vie est plus difficile. Des rues non goudronnees et poussiereuses et peu de circulation. Quelques 4*4, mais surtout des voitures d´un autre age: des coccinelles, des VW brasil, et d´anciens bus scolaires americains ou japonais ayant trouve ici une seconde vie et assurant les transports en communs. Certains ont encore la peinture jaune ou les ideogrammes japonais d´origine.

 Nous deambulons surexcites dans ce decor de carte postale en jugeant toutes les deux minutes qu´une photo est necessaire, mais nous abstenant bien souvent. Dans ce pays ou la population manque de tout, un simple appareil photo est  ostentatoire. Les quelques batiments coloniaux defraichis donnent beaucoup de charme a cette bourgade reputee sans interet. C´est donc avec grande impatience que nous partons le lendemain pour la tres vantee Potosi.

Outre par son titre de ville la plus haute du monde, Potosi fut, a l´epoque de la domination espagnole, la ville la plus riche d´Amerique latine. La legende locale dit qu´avec tout le minerai d´argent 4extrait dans les environs, les espagnols auraient pu construire un pont d´ici a Madrid et ramener encore quelques sacs... En tout cas, ce qui est sur, c´est que la richesse du sol local a alimente les caisses de la couronne iberique durant deux siecles. Desormais Potosi susbsiste grace a l´exploitation de quelques filons restant par des mineurs organises en cooperatives. Malheureusement, la region profite peu de cette manne, l´argent etant traite au Chili. Une des promesses d´Evo Morales, le nouveau president bolivien et le premier de souche indienne est d´installer ici une infrastructure de transformation en produits finis. Les habitants ne se demandent pas s´il tiendra ses engagements mais plutot si, pris entre les deux feux de la CIA et des producteurs de coca, son mandat sera assez long...

Malgre les quelques temoignages de sa splendeur passee qui ornent la ville, nous serons assez decus par Potosi. D´autant plus qu´a plus de 4000 metres et avec des rues aux cotes interminables, sa visite est particulierement eprouvante.

Nous parcourons le centre historique et la Maison de la Monedad, vieil edifice ou toute la monnaie de l´empire colonial espagnol d´Amerique latine etait frappe  devenu musee. On stagne un jour de plus dans cette ville car je suis cloue au lit, ou plutot ce qui nous fait office de lit, par une grippe, contre-coup de nos nuits glaciales.

Nous partons le lendemain pour Sucre avec une mission: celle de rendre visite a un orphelinat pour donner au personnel des nouvelles de deux jumelles adoptees dans celui-ci, il y a de cela plus de deux ans par un ami lillois et de prendre un maximum de photos de l´etablissement pour rememorer aux parents leur venue ici. Nous imprimons donc les photos recentes des deux petites en France et nous nous presentons au Tata Juan de Dios. Nous serons tres bien accueillis par Soeur Clementina, une des religieuses espagnoles qui gere le centre. Elle nous guide vers deux personnes presentes a l´epoque des deux petites filles et qui sont tres emues de les voir en photo et semblant si heureuses.

On passera la matinee sur place a faire la visite de l´orphelinat et a nous attendrir devant chacun des enfants presents, si touchants surtout lorsqu´ils se mettent a nous appeler Mama et Papa. On repart un peu chamboules et culpabilises d´etre venus les mains vides. On repassera donc le lendemain apres avoir ecume le marche pour ramener crayons de couleurs, cahiers, puzzle, legos, poupees pour les filles et voitures pour les garcons..etc..

La capitale constitutionnelle bolivienne porte bien son nom. Elle est blanche et douce. Les edifices, heritage de la colonisation, religieux ou non sont magnifiques. Durant 4 jours, nous visiterons les differents couvents et eglises a l´architecture si sobre et aux representations religieuses si exuberantes. Nous profiterons du calme de cette ville sur les bancs de la place centrale ou en degustant des jus de fruits frais dans l´enceinte du marche.

Il convient maintenant pour nous de regagner La Paz, veritable capitale de la Bolivie, a la reputation si sulfureuse....

PS: de nouvelles photos dans le repertoire Bolivie. Elles commencent par UPS.


Par Ju - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander

Lundi 21 août 2006
L'aventure chilienne se termine momentanement. Nous reviendrons a Santiago dans deux mois pour tenter d'explorer le sud chilien et la Patagonie si les conditions climatiques le permettent. En attendant, notre prochaine destination est la Bolivie. Pour la rejoindre, nous optons pour un circuit etrangement bon marche de trois jours en compagnie de trois italiens a bord d'un 4*4. On nous a prevenu, il va faire froid, tres froid. C'est donc avec un sac a dos allege et pratiquement vêtus de tous les habits que nous transportons que l'on prend le bus cense nous mener au poste frontiere chilien situe aux portes du desert de l'Atacama. Marco, un des italiens, a perdu son bon de sortie de territoire mais ne semble pour autant pas tres inquiet. Finalement, apres des negociations italiennes, il obtiendra son tampon de sortie du territoire.
 
La frontiere bolivienne se trouve ensuite a une heure de route. En une heure, nous passons de 2000 metres a 4300 metres d'altitude! La, nous embarquons dans un 4*4 conduit par Perfidio accompagne de Marina.
 
 
Les splendeurs du sud-ouest bolivien que nous allons decouvrir durant trois jours commencent avec les Lagunas blanca et verde. Ces deux lacs ,qui n'en formaient qu'un a l'origine, se sont separes suite a la diminution du niveau de l'eau. Situes juste derriere le volcan Licancabur et a 4400 metres, ils nous eblouissent par leur beaute irreelle. La laguna blanca qui ne fait qu'un metre de profondeur est gelee et ressemble a une patinoire naturelle, tandis que la laguna verde dont la couleur bleu-vert est due a une concentration importante en carbonates de plomb, de soufre, d'arsenic et de calcium est tellement surreelle qu'elle nous laisse sans voix.
 
 
A plus de 4000 metres d'altitude, au milieu d'un desert aride, ces deux etendues colorees dans lesquelles se refletent le soleil levant depassent l'entendement. Le ton de ce circuit est donne : irrealisme et surrealisme. Comme un clin d'oeil au maître en la matiere, nous arrivons ensuite au Rocas de Dali. Ces roches aux formes indescriptibles harmonieusement posees sur une dune de sable semblent vouloir reproduire une oeuvre du peintre. Le vent violent qui fouette nos visages a cet endroit nous contraint a partir et laisser le tableau surrealiste poser en paix.
 
 
Nous atteignons notre derniere destination de la journee : la Laguna colorada. Tous les cinq avons retenu cet ultime arrêt puisque c'est ici que nous allons passe notre premiere nuit dans un refuge tres basique avec une temperature allant jusqu'a -20 degres.... Mais, pour le moment, ces problematiques primaires sont loin. Aucun de nous n'en croit ses yeux. Un sommet verdoyant devant lequel sied une etendue de 60 kilometres carre rouge rubis sur laquelle siegent tel sur un trône des milliers de flamants roses. Le spectacle est incroyable !
 
 
 
Toujours a 4300 metres d'altitude, ceux qu'on appelle les flamants du froid et qui sont de trois especes differentes reconnaissables a leur plumage allant du rose fonce au rose clair presque blanc se pavanent sur une eau dans laquelle nous avons l'impression qu'ils ont deteint.
 
 
En realite, ce lac de 80 centimetres de profondeur doit sa coloration aux algues et au plancton qui s'y developpent. La promenade sur ses bords nous conduira jusqu'à un troupeau de lamas prenant paisiblement le soleil.
 
 
Apres un frugale repas au refuge qui me vaudra tout de meme des crampes a l'estomac,nous preparons nos couches pour la nuit avant que le generateur d'electricite ne s'eteigne. Lorena et Lorenzo me proposent des comprimes pour calmer mes maux d'estomac, mais, Perfidio, semblant reconnaitre les symptomes du mal d'altitude, me prepare une tisane au mate de coca (feuilles de coca) et autres herbes dont je n'ai pas retenu les noms. L'effet est presque immediat. Je me leverai tout de meme, quelques heures plus tard, completement 'shootee', ayant du mal a trouver les toilettes a cause de la penombre et mon equilibre a cause de cette recette de grand-pere.... Cependant, malgre les -20 degres dans la chambre, j'aurai la chance de dormir bien au chaud vetue de tous mes habits et de mon bonnet peruvien sous au moins cinq kilos de couverture chaleureusement donnees par nos amis italiens plus equipes, et enroulee d'une couverture de survie (matiere semblable a du papier aluminium). Julien, sans couverture de survie et reveille par le bruit de cette derniere a chaque fois que je bougeais, passera une nuit moins sereine. Marco, quant  a lui, en simple dessous dans un sac de couchage qui lui permet de dormir dans une temperature ambiante pouvant aller jusqu'a -30 degres dormira comme un loire, narguant les somnombules de ses ronflements. Ce sont Lorena et Lorenzo qui passeront la plus mauvaise nuit, incapables de fermer l'oeil a cause de violents maux de tete lies a l'altitude.
 
Le lendemain, tous plus ou moins assomes par la nuit, nous rembarquons dans le 4*4 pour poursuivre nos decouvertes de cette region du Lipiez. Le premier arret se fait dans le desert du  Siloli  ou, apres une pause photo pres de l'Arbre de Pierre et la Montagne colorada, nous nous attardons pres d'une dizaine de geysers.
 
 
Moins impressionants que ceux du Tatio, ils nous surprendront tout de meme par leur grondement sourd perceptible a des metres de leur localisation. Ensuite, le desert de pierre, puis la Laguna Ionda de laquelle on peut voir les sommets enneiges et qui est, elle aussi, habitee par les flamants du froid.
 
Enfin, les paysages sauvages peuples de vigognes (espece d'alpagas sauvages) laissent place a un decor plus domestique avec des troupeaux de lamas, de vaches et des petits villages toujours dotes de leurs caracteristiques maisons et eglises en adobe. C'est d'ailleurs a celui de Colchaka pres du salar d'Uyuni que nous nous arreterons pour passer la nuit. Il fait encore jour. Nous partons donc visiter les alentours et nous attardons sur la place de l'eglise en compagnie de deux petits enfants heureux de pouvoir monter sur les epaules de Julien.
 
 
Le dernier jour ne nous decevra pas. On roule une heure trente sur le salar pour arriver a la Isla de los Pescadores. La, on atteint le point le plus haut de cette ile apres une petite marche a travers une veritable foret de cactus dont l'un a plus de 1300 ans.
 
 
Le salar est majestueux, d'un blanc rafraichissant et d'une etendue tellement immense que l'on a envie de se laisser glisser jusqu'a ce que la ligne d'horizon blanche reprenne une couleur plus commune a nos yeux de citadins.
 
 
Mais Perfidio nous attend, et nous rejoignons le Musee et Hotel de sel, qui, comme son nom l'indique est entierement construit a base de sel. Enfin, ce periple inoubliable et certainement l'un des plus beaux de notre voyage se termine avec le cimetiere des trains au ton ocre qui nous rappelle les decors des Westerns de notre enfance mais egalement le manque de moyen d'un des pays les plus pauvres d'Amerique latine pour entretenir ou exploiter ces vieilles carcasses.
 
 
PS: les photos dans le repertoire Bolivie et ci-dessous un petit coucou de la laguna colorada. Pas de son cette fois, mais on progresse...

coucou de la Laguna colorada
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